Livre, Roman

Tenir jusqu’à l’aube

«Et l’enfant ?
Il dort, il dort.
Que peut-il faire d’autre ?»

Une jeune mère célibataire s’occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation fusionnelle. Pour échapper à l’étouffement, la mère s’autorise à fuguer certaines nuits. À quelques mètres de l’appartement d’abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus tard, à la poursuite d’un semblant de légèreté.
Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore?

De nos jours. Une mère célibataire n’arrive plus à joindre les deux bouts. Son fils a deux ans, son compagnon s’est fait la malle et l’argent ne rentre plus aussi bien qu’avant. Cette mère est à bout. Pourtant, ce qui va l’aider à tenir, ce sont les petites sorties secrètes qu’elle fait lorsque son enfant dort. Toujours plus loin…

Je n’ai pas pour habitude de lire ce genre de romans, mais celui-ci m’a attirée. Cette belle couleur rouge/rubis en couverture, cette belle couleur de cheveux, une femme qui nous tourne le dos. L’histoire aussi m’a attirée.

Une mère dont nous ne connaissons pas l’identité vit à Lyon. Une mère en difficulté. Elle élève seule son fils de deux ans dans un petit appartement de centre-ville. Elle travaille en free-lance en tant que designer papier mais cela ne rapporte plus trop. Aujourd’hui, nous sommes à l’heure du numérique. C’est comme cela que nous est présentée cette mère qui pourrait être n’importe quelle femme « solo ».

Elle doit tenir occupé son fils toute la journée, jonglant entre les siestes, les maigres repas et les balades au square du quartier. Pourtant, une fois couché, elle cherche un peu de liberté et petit à petit s’autorise des sorties dans les rues du centre-ville de Lyon. Elle tire sur la corde et cherche à avoir toujours plus. Jusqu’à quand ?

Ce qui frappe au départ, c’est l’écriture de ce roman. Le phrases sont courtes, ça claque, c’est efficace, on avance. Le rythme est rapide et très vite on est happé dans cette histoire qui pourrait être l’histoire de n’importe quelle femme avec enfant.

On alterne les chapitres où on a la vision de cette mère célibataire, avec d’autres, tout aussi bien écrits : le personnage se rend sur des forums de mères en difficultés où elle ne trouve que des messages démoralisateurs et remplis de jugements négatifs. On retrouve aussi l’histoire de La Chèvre de monsieur Seguin que l’on suit comme un fil rouge.

Par moments, j’ai eu envie de secouer cette mère. Elle est souvent complètement démissionnaire, laissant son enfant la mener à la baguette. Le fait qu’elle soit complètement en retrait les enferme, elle et son fils, dans une bulle dont elle n’arrive pas à sortir. La solitude de la jeune femme se fait sentir : son père et ses amis vivent loin d’elle, et par conséquent, elle est entrée dans un cercle infernal.

L’éducation de l’enfant s’en ressent beaucoup, elle lui passe tous ses caprices dès qu’il pleure ou crie. La nuit, le jour. Elle est épuisée et se laisse complètement aller. Seuls ses moments nocturnes de liberté lui permettent de tenir. Elle rêve de redevenir une femme comme les autres, pleine de joie de vivre.

Pourtant, l’histoire de cette mère est touchante car c’est celle de beaucoup de femmes des temps modernes. Elle essaye de sortir la tête de l’eau tout en s’occupant de son fils h24.
On s’interroge sur la monoparentalité et la précarité, sur ce qui pourrait être fait pour aider les personnes en difficultés et sur ce qui existe déjà.
On retrouve aussi un côté féministe dans ce roman avec la place de la femme dans une société qui se dit évoluée mais qui reste foncièrement patriarcale. Une mère, seule ou non, doit assumer beaucoup de choses et doit craindre le jugement des autres si ce qu’elle fait n’est pas parfait.
Mais c’est aussi et surtout un roman sur la solitude, comme je l’ai évoqué plus haut. On sent la détresse du personnage et c’est foncièrement touchant. On a certes envie de la secouer, mais on a aussi de la prendre en main et de l’aider, afin qu’elle tienne, qu’elle retrouve une vie acceptable et accède enfin au bonheur 🙂

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BD, BD & Mangas, Livre

Chaussette

Chaussette et son chien Dagobert sont inséparables. Merlin, leur petit voisin, les connaît bien et les observe arpenter chaque jour la petite ville suivant un parcours bien établi. Pourtant, ce matin-là, quelque chose ne tourne pas rond. Chaussette est seule et se comporte étrangement. Pour tirer cette histoire au clair, Merlin va la suivre discrètement…

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Chaussette est une BD adorable qui a failli me faire verser ma petite larme ! 

Le voisin de Chaussette, Merlin, nous raconte cette histoire, celle d’une mamie et de son chien Dagobert, un mignon petit corgi. Chaussette, ou Josette de son vrai prénom, est une personne âgée solitaire. Cette solitude, elle la partage avec Dagobert, son fidèle compagnon. Elle a ses petites habitudes : elle va de commerces en commerces, toujours à la même heure. Sauf qu’un jour tout change.

On apprend à connaitre Chaussette par les yeux de son voisin. La solitude est ici traitée avec humour et bienveillance. De même que la vieillesse et l’amitié.  Quand le fin mot de l’histoire est arrivé, j’ai senti les émotions monter. Dommage que cette histoire soit si brève !

Les illustrations sont douces et foisonnent de détails. Ces détails apportent un côté un peu humoristique à cette jolie bande-dessinée.

C’est une belle BD à découvrir, remplie de sensibilité. La dernière page fait réfléchir à bien des égards 🙂 

Un petit coup de cœur pour moi !

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