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La Différence invisible

Marguerite a 27 ans, en apparence rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Pourtant, elle est différente.

Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables,

 proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.

Marguerite, 27 ans, vit avec son petit-ami Florian dans son appartement, avec son chien, et ses deux chats. Elle travaille dans une entreprise plutôt cotée. Elle semble tout à fait normale, mais pourtant, elle est différente. Tous les jours, elle fait le même trajet, à la même heure. Tout est chronométré. Les bruits extérieurs l’agressent. Discuter avec ses collègues lui coûte, elle est mal vue dans son entreprise : trop sérieuse, sans conversation, sans humour. Marre d’être différente sans savoir pourquoi, Marguerite va partir à la recherche de ce mal et enfin pouvoir mettre un nom dessus.

Toutes les petites manies énumérées précédemment ont un nom que l’on ne découvre qu’à la fin de ce roman graphique : le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme.

Cette bande dessinée nous montre donc le quotidien des personnes ayant ce syndrome. Combien c’est difficile, comment les gens ne les prennent pas au sérieux car c’est une maladie non visible. 

Les couleurs jouent beaucoup dans cette BD : on part du noir et blanc pour aller petit à petit à la couleur. De l’enfermement de Marguerite dans son monde, de sa solitude, de sa honte, à la libération. Car mettre un nom sur le mal qui la touche l’a libérée. Bien évidemment, tous les malades ne voient pas le diagnostic comme ça. Certains plongent dans une dépression, mais ce n’est pas le cas de notre héroïne. Cela est évoqué dans ce roman graphique qui est très bien fait.

La difficulté réside au travail : rien n’est aménagé pour elle, alors que Marguerite est reconnue comme travailleur handicapée. La RH ne la prend pas au sérieux, n’accédant pas à ses demandes. La jeune femme est obligée de venir au travail une heure avant les autres afin de travailler au mieux car dans l’open-space, il y a trop de bruit.
De même, certains de ses collègues se vexent car elle refuse de manger avec eux à l’extérieur ou à la cantine. Marguerite préfère rester manger au calme à son bureau, mais cela est très mal vu, et la tension avec ses collègues se fait grandissante.

On voit aussi l’importance de l’entourage : Florian, le petit ami, qui ne veut pas comprendre que rencontrer du monde est compliqué pour Marguerite, sa soi-disant amie qui n’accepte pas le diagnostic et se moque d’elle… Marguerite finit par s’entourer de personnes qui la comprennent et acceptent sa différence invisible, comme la libraire qui nous raconte cette histoire et qui lui fournit des livres sur le sujet, ou encore la boulangère et d’autres personnes de son groupe de soutien.

A la fin de ce roman graphique, on trouve une petite explication sur ce qu’est l’autisme (et plus spécialement le syndrome d’Asperger), les avancées de la recherche et ce qui est fait ou non.

Cette bande dessinée est une belle découverte, avec un sujet que l’on n’aborde que trop peu ! 🙂

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Le Grand Méchant Renard

Un petit renard ridicule veut devenir la terreur du poulailler.
Le co-réalisateur d’Ernest et Célestine signe une fable coup de cœur. Face à un lapin idiot, un cochon jardinier et une poule caractérielle, un renard chétif tente de trouver sa place de grand prédateur. Devant l’absence d’efficacité de ses méthodes, il développe une nouvelle stratégie. Sa solution : voler des œufs, élever les poussins et les croquer. Mais le plan tourne au vinaigre lorsque le renard se découvre un instinct maternel !

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Le grand méchant renard vit seul dans son terrier, au coeur de la forêt. Comme ce n’est pas un renard très malin, il n’arrive pas à attraper quoi que ce soit pour manger dans son environnement : par conséquent, il va à la ferme d’à côté pour s’attaquer aux poules. Sauf que les poules en question sont hargneuses et savent se défendre. Alors, bien souvent, il repart avec un panier de navets gentiment préparé par le lapin et le cochon, et la tête de biais.
Il ne fait peur à personne, et est la risée du coin : il n’arrive même pas à faire peur à un pauvre petit oiseau. On est donc bien loin du « Grand Méchant » renard !

Le Grand Méchant renard, de Benjamin Renner, est un mignon roman graphique plein d’humour. Il a obtenu au Festival de la BD d’Angoulême le prix de la BD jeunesse en 2016. De même, il a obtenu le Prix BD Fnac.

J’ai beaucoup aimé les dessins. Ils sont simples, mais agréables, avec une très jolie coloration à la peinture. Sur une page, on trouve une multitude de dessins qui se suivent. Cela apporte de la légèreté dans cette petite BD qui est plutôt longue. L’auteur a aussi créé Ernest et Célestine, et on retrouve cet esprit simple et doux.
L’histoire en elle-même ne manque pas de charme, avec un renard un peu boulet qui se prend d’affection pour trois poussins qu’il était censé manger.

Les personnages sont beaux, mais aussi complètement délirants. Un renard qui se fait mettre une raclée par une poule ? Ce même renard qui se prend d’un amour maternel pour trois poussins ? Un chien censé garder la ferme qui est en fait un vrai paresseux ? Le duo cochon/lapin pas très malins ? De quoi bien rire, et de bon coeur.

Voici un petit extrait (et retrouvez le début du roman graphique sur le site de l’auteur ici) :

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Ce roman graphique est aussi bien destiné à un public adulte qu’à un public un peu plus jeune ! Je vous le conseille 🙂