BD, BD & Mangas, Coup de Coeur, Livre

Globules & conséquences

La vie de Catherine, illustratrice, bascule le jour où on lui diagnostique une leucémie aiguë : une forme de cancer très grave qui s’attaque au système immunitaire. Elle qui n’avait jamais été vraiment été hospitalisée se retrouve alors propulsée dans le monde des grands malades et découvre la vie en hôpital. C’est un véritable parcours du combattant qui s’annonce… Les analyses, l’attente des résultats, les séances de soin, le corps qui se transforme, la perte des cheveux, ses relations avec le corps médical, le soutien de son compagnon et de ses proches, le retour à la vie normale, le regard des autres…

Je savais en commençant Globules & conséquences, petite histoire d’une leucémie que j’allais être émue et touchée.

Cette histoire, c’est celle de Catherine Pioli, illustratrice freelance. Alors qu’elle n’a que 32 ans, elle apprend qu’elle est atteinte d’une leucémie aiguë. Pourtant, elle a des chances de s’en sortir. Commencent pour elle les traitements et les visites à l’hôpital…

J’a été frappée par la force des dessins de Catherine Pioli. Ils sont beaux, colorés. Bref, positifs. Et ce qui marque vraiment ce roman graphique, c’est l’optimisme et le positivisme.

On suit pourtant l’auteur dans son quotidien, ses douleurs, les lourdes procédures de l’hôpital face à sa maladie. L’isolement, la perte de poids impressionnante, mais toujours l’envie de vivre.

Elle a voulu faire un côté plus pédagogique avec des pages explicatives (ce qu’est cette maladie, comment on tente de la soigner) très bien fait, et un message important : le don de moelle osseuse est essentiel.

Je vous laisse découvrir la fin de cette BD marquante et très émouvante ! 🙂

BD & Mangas, Livre, Manga, mangas

Good Morning Little Briar Rose, vol. 3

À force de côtoyer Shizu et ceux qui l’habitent, Tetsu commence à s’attacher à elle. Aussi, pour essayer de lui faire goûter à une vie normale, il décide de l’amener au sein de son lycée. Mais la confrontation de la « jeune fille » avec le monde extérieur et les amis du jeune homme ne risque-t-elle pas d’être sources de nouveaux problèmes ?

Tetsu s’habitue peu à peu aux nombreuses personnalités de Shizu. Il est presque devenu ami avec Kanato, avec qui il partage la passion du foot.
Pourtant, Tetsu semble vouloir se rapprocher de la « vraie » Shizu. Il veut qu’elle se réveille, elle qui est toujours endormie lorsqu’elle réintègre son corps. Il veut que sa personnalité rayonne et prenne le pas sur les fantômes. Après tout, c’est le corps de la jeune fille, mais surtout son esprit qui est en jeu.

Cette série reste tout en délicatesse. La vitalité de Kanato casse un peu le rythme, mais c’est nécessaire. C’est un personnage adorable qui nous montre que les fantômes ne sont pas tous horribles.

On sent que Shizu fait des efforts pour se sortir de sa coquille. L’intérêt de Tetsu pour sa personne la fait réagir, et on la voit se transformer peu à peu. Mais parfois, elle profite de pouvoir se cacher derrière la personnalité des fantômes pour éviter le garçon. On se rend donc compte que c’est une jeune fille timide qui n’a que peu confiance en elle. Et qu’elle est sans doute en train de ressentir des choses qu’elle n’a jamais ressenties : la confiance, l’amitié, l’amour.

C’est un beau manga tout doux, que ce soit dans l’histoire ou dans les illustrations. Il prend peu à peu de l’ampleur au fil de la lecture des tomes.  On reste plutôt dans le style shojo, mais cette histoire n’a rien de classique, comme toutes (ou presque) les histoires que publie Akata 🙂 

Livre, Roman

Le Club des Feignasses

Que faire ? Si vous avez un jour appris une terrible nouvelle et décidez d’aller manger une côte de bœuf pour fêter ça,si vous avez envie d’être aux côtés de personnes que vous aimez quand vous en avez besoin,si vous avez toujours rêvé de retrouver l’amoureux de votre jeunesse,si vous voulez chanter (faux) sans qu’on vous regarde de travers,si vous avez un jour fait partie d’un club de plage, et que l’envie vous revient 50 ans plus tard : rejoignez le Club des Feignasses ! Rien ne prédisposait Béa, Alice, Sam, Greg et Elisabeth à se rencontrer. Pourtant, ces amoureux et cabossés de la vie, membres d’un club aussi curieux que chaleureux, apprennent vite à se connaître avec leurs failles, leurs richesses et leurs secrets.

J’avoue qu’en commençant ce livre, je ne m’attendais pas à trouver un livre sur le cancer. Sa couverture, typiquement faite pour l’été et pour emmener à la plage, est trompeuse. Des transats, la plage, certes, mais le thème reste bien moins drôle. Moins drôle ? Peut-être pas tant que ça. Rempli d’émotion ? Ça, c’est certain.

Dans ce roman, on croise plusieurs personnages dynamiques et qui aiment la vie. Béa qui aime les hommes et les collectionne, Alice qui travaille avec les enflants, Sam, Greg, etc. Pourtant, un grain de sable va se greffer à leur vie si bien établie. Ensemble, ils vont former le club des feignasses.

Je conseille le livre Le club des feignasses de Gavin’s Clemente-Ruiz. C’est un livre qui aborde la maladie, le cancer. C’est un livre très bien écrit, et le côté feel good rend le tout assez léger malgré le thème abordé.

Les personnages ne se connaissent pas au début du roman, mais le cancer va les faire se rencontrer, se croiser. Ensemble, ils vont se soutenir dans la plus difficile des épreuves. C’est un roman rempli d’optimisme parfait pour cet été ! 🙂

BD, BD & Mangas, Livre

La Différence invisible

Marguerite a 27 ans, en apparence rien ne la distingue des autres. Elle est jolie, vive et intelligente. Elle travaille dans une grande entreprise et vit en couple. Pourtant, elle est différente.

Marguerite se sent décalée et lutte chaque jour pour préserver les apparences. Ses gestes sont immuables,

 proches de la manie. Son environnement doit être un cocon. Elle se sent agressée par le bruit et les bavardages incessants de ses collègues. Lassée de cet état, elle va partir à la rencontre d’elle-même et découvrir qu’elle est autiste Asperger. Sa vie va s’en trouver profondément modifiée.

Marguerite, 27 ans, vit avec son petit-ami Florian dans son appartement, avec son chien, et ses deux chats. Elle travaille dans une entreprise plutôt cotée. Elle semble tout à fait normale, mais pourtant, elle est différente. Tous les jours, elle fait le même trajet, à la même heure. Tout est chronométré. Les bruits extérieurs l’agressent. Discuter avec ses collègues lui coûte, elle est mal vue dans son entreprise : trop sérieuse, sans conversation, sans humour. Marre d’être différente sans savoir pourquoi, Marguerite va partir à la recherche de ce mal et enfin pouvoir mettre un nom dessus.

Toutes les petites manies énumérées précédemment ont un nom que l’on ne découvre qu’à la fin de ce roman graphique : le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme.

Cette bande dessinée nous montre donc le quotidien des personnes ayant ce syndrome. Combien c’est difficile, comment les gens ne les prennent pas au sérieux car c’est une maladie non visible. 

Les couleurs jouent beaucoup dans cette BD : on part du noir et blanc pour aller petit à petit à la couleur. De l’enfermement de Marguerite dans son monde, de sa solitude, de sa honte, à la libération. Car mettre un nom sur le mal qui la touche l’a libérée. Bien évidemment, tous les malades ne voient pas le diagnostic comme ça. Certains plongent dans une dépression, mais ce n’est pas le cas de notre héroïne. Cela est évoqué dans ce roman graphique qui est très bien fait.

La difficulté réside au travail : rien n’est aménagé pour elle, alors que Marguerite est reconnue comme travailleur handicapée. La RH ne la prend pas au sérieux, n’accédant pas à ses demandes. La jeune femme est obligée de venir au travail une heure avant les autres afin de travailler au mieux car dans l’open-space, il y a trop de bruit.
De même, certains de ses collègues se vexent car elle refuse de manger avec eux à l’extérieur ou à la cantine. Marguerite préfère rester manger au calme à son bureau, mais cela est très mal vu, et la tension avec ses collègues se fait grandissante.

On voit aussi l’importance de l’entourage : Florian, le petit ami, qui ne veut pas comprendre que rencontrer du monde est compliqué pour Marguerite, sa soi-disant amie qui n’accepte pas le diagnostic et se moque d’elle… Marguerite finit par s’entourer de personnes qui la comprennent et acceptent sa différence invisible, comme la libraire qui nous raconte cette histoire et qui lui fournit des livres sur le sujet, ou encore la boulangère et d’autres personnes de son groupe de soutien.

A la fin de ce roman graphique, on trouve une petite explication sur ce qu’est l’autisme (et plus spécialement le syndrome d’Asperger), les avancées de la recherche et ce qui est fait ou non.

Cette bande dessinée est une belle découverte, avec un sujet que l’on n’aborde que trop peu ! 🙂

Livre, Roman ado

Flora Banks

DIX
L’âge que j’avais quand mon cerveau s’est détraqué.

HUIT
Années de validité de mon passeport.

SIX
Le nombre de personnes qui me cherchent au Spitzberg, dans l’Arctique.

QUATRE
L’âge auquel j’ai rencontré ma meilleure amie.
Je ne dois plus jamais l’appeler, ni lui envoyer de SMS.

DEUX
Deux cailloux noirs. L’un m’appartient, l’autre est à Drake.
Je le rejoindrai, où qu’il soit.

UN
Un souvenir. C’est tout ce qu’il me reste.

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Flora Banks est une adolescente de 17 ans qui est atteinte d’une amnésie antérograde. Elle ne garde des souvenirs que pendant deux à trois heures maximum, puis oublie. Elle n’a pas d’autres souvenirs que ceux qu’elle avait avant d’avoir sa tumeur au cerveau, à l’âge de dix ans. Sauf que Drake, le copain de sa meilleure amie Paige, va l’embrasser sur une plage, et qu’elle va s’en souvenir. Elle va alors se mettre en quête de ce garçon parti étudier au Spitzberg, dans l’Arctique, un garçon qui pourrait bien lui permettre de se créer de nouveaux souvenirs.

Dès les premières lignes, on sait que Flora Banks est un roman qui ne va pas nous laisser indifférent. Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais aimer ce livre. 

Tout d’abord parce qu’il est très bien écrit. Emily Barr a une très jolie écriture et le livre se lit tout seul, les pages tournent rapidement. On est transporté en Cornouailles, mais aussi au Spitzberg. Les descriptions sont formidables, on a l’impression d’y être et de geler sur place. Le roman est écrit à la première personne, et c’est Flora que nous lisons. 
Ensuite parce que le roman est différent de ce à quoi on est habitué. Certes, on commence avec une fête d’adolescents, mais le reste change. Car le texte est extrêmement répétitif. On entre dans la tête de Flora, on suit sa technique pour tenter de mémoriser où et qui elle est.

Flora est un personnage très fort, et elle en a même fait une de ses règles de vie. Elle note toute sa vie sur son cahier, sur ses bras, sur des post-it, afin de savoir qui elle est. Elle est couvée par ses parents, qui ne la quittent pas d’une semelle. Mais le jour où ils doivent se rendre à Paris voir Jacob, le frère aîné malade de Flora, la jeune fille en profite pour vivre sa vie, et partir retrouver le garçon qu’elle aime. Mais est-ce que ce voyage a cette unique finalité ? Sans doute pas. 
La jeune fille a une grande soif de liberté, et surtout a besoin d’apprendre à se connaitre. Elle se révèle débrouillarde, capable de se faire des amis, sans l’aide de personne. Et c’est assez impressionnant ! Car je ne suis pas sûre qu’à sa place, je n’aurais pas abandonné. 

On apprend à la connaître en même temps qu’elle. Certains indices laissés par l’auteur intriguent et nous poussent à la lecture. Le récit alterne récit dans le présent, mais aussi souvenirs perdus. L’intrigue est bien ficelée et on attend de savoir la fin avec une impatience grandissante. Car à un moment, Emily Carr réussit très bien à brouiller les cartes, et on ne sait plus trop quoi penser, on  ne sait plus ce qui est vrai, ce qui a été déformé, et ce qui est dans la tête de Flora.
Bref l’auteur a réussi son coup avec ce très bon roman, et je remercie Babelio et Casterman pour cette découverte ! 🙂

Livre, Roman ado

Je t’ai rêvé

Vous, les gens normaux, êtes tellement habitués à la réalité que vous n’envisagez pas qu’elle puisse être mise en doute. Et si vous n’étiez pas capables de faire la part des choses ? Jour après jour, elle se retrouve confrontée au même dilemme : le quotidien est-il réel ou modifié par son cerveau détraqué ? Dans l’incapacité de se fier à ses sens, à ses émotions ou même à ses souvenirs, mais armée d’une volonté farouche, Alex livre bataille contre sa schizophrénie. Grâce à son appareil photo, à une Boule Magique Numéro 8 et au soutien indéfectible de sa petite sœur, elle est bien décidée à rester saine d’esprit suffisamment longtemps pour aller à l’université. Plutôt optimiste quant au résultat, Alex croise la route de Miles, qu’elle était persuadée d’avoir imaginé de toutes pièces… Avant même qu’elle s’en rende compte, voilà que la jeune femme se fait des amis, va à des soirées, tombe amoureuse et goûte à tous les rites de passage de l’adolescence. Mais alors, comment faire la différence entre les tourments du passage à l’âge adulte et les affres de la maladie ? Tellement habituée à la folie, Alex n’est pas tout à fait prête à affronter la normalité. Jusqu’où peut-elle se faire confiance ? Et nous, jusqu’où pouvons-nous la croire ?

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Voilà un moment que ce livre me faisait de l’oeil avec sa très jolie couverture ! Et ce n’est que maintenant que j’ai réussi à trouver un peu de temps pour m’y pencher ! Mon avis ! 🙂

Alex est une adolescente qui souffre depuis ses 7 ans de schizophrénie. Elle tente de discerner ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas : elle voit et entend des choses qui n’existent pas. Sauf que parfois sa maladie prend le dessus, et c’est pourquoi elle a été obligée de changer de lycée. Elle va y rencontrer Miles, un garçon solitaire et un peu étrange. Serait-il le garçon aux homards rencontré des années plus tôt, ou l’a-t’elle rêvé ?

Ce roman aborde un thème difficile et peu évoqué dans les romans en général. La schizophrénie est quelque chose d’assez lointain pour celui qui ne s’y intéresse pas. On connait tous les symptômes, mais dans Je t’ai rêvé, on a une vision d’une personne qui le vit. Comment faire alors qu’on ne peut pas se faire confiance à soi-même, à ses sens ? Qu’est-ce qui est réel, qu’est-ce qui ne l’est pas ?

J’ai été surprise plus d’une fois. Le personnage principal est le narrateur, donc on croit plus ou moins ce qu’elle voit et entend. Certaines choses n’existent clairement pas, comme par exemple le phénix qui vole au-dessus de son quartier. Par contre, pour d’autres choses, c’est plus compliqué. On est habitué à faire confiance au personnage que l’on suit, à voir par ses yeux. On ne le remet jamais en question. Sauf que là, tout prend une autre proportion, tout est différent.
J’ai aussi eu des coups au coeur : comment ne pas être émue devant tant de souffrances ? Les mots font parfois mal, et l’auteur a pleinement exploité ce côté.

Alex est un personnage touchant. Comme d’autres, elle tente de passer outre sa maladie et de vivre une vie normale d’adolescente. Mais les choses se compliquent lors de crises incontrôlables, malgré les médicaments. Elle est obligée de tout prendre en photo pour distinguer le vrai du faux. Mais parfois, le faux rattrape la réalité, et Alex ne peut rien y faire… Elle tente de garder la face, de rester forte, mais bien souvent, elle craque. Et on la comprend, parce qu’on aurait sans doute fait pareil à sa place.
Le personnage de Miles est aussi un personnage attachant. Enfant battu par un beau-père alcoolique, il s’est enfermé dans une coquille de solitude. Il ne laisse personne l’atteindre. Jusqu’au jour où il rencontre Alex, cette fille différente des autres qui semble le comprendre.

Je vois le rapprochement qui peut être faire avec les romans de John Green : on aborde la maladie, l’adolescence et l’envie de s’en sortir, grâce à l’amour. L’auteur Francesca Zappia a réussi à rendre tout ça pas trop lourd malgré le thème et agréable à lire grâce à une jolie écriture.