BD, BD & Mangas, Livre

Fleur de bambou, les larmes du grand esprit

Tout allait dans la forêt jusqu’à ce que les bambous se mettent à fleurir, ce qui, comme chacun sait, annonce la mort imminente de ces arbres. Devant ce phénomène, les animaux parlementent et s’organisent : il faut réagir ! Une seule solution s’impose : partir en quête du grand esprit fondateur de la forêt, et lui demander de nouvelles graines de bambou. Panda Roux l’intrépide et la Fouine, nettement moins courageux, se mettent en route. Ils seront même accompagnés de la fille des hommes, habitante de la forêt elle aussi menacée et pas si terrifiante qu’on pourrait le croire de prime abord. Un parcours semé d’embûches et de rencontres les attend, où ils devront faire preuve d’ingéniosité et de solidarité.

Les bambous fleurissent et pour les animaux, c’est la panique. La fin de leur forêt est arrivée. Panda roux, Fouine, une jeune humaine et un gorille vont s’associer pour trouver de nouvelles graines de bambous, chose que seul semble détenir le Grand Esprit de la forêt…

Fleur de bambou est une jolie bande-dessinée destinée à la jeunesse signée Richard Marazano et Cat Zaza. Elle est remplie de bon sentiments et de douceur. Je l’ai trouvée apaisante, surtout qu’il n’y a aucune violence visuelle. Tout y est délicat et c’est appréciable.

Les références à différentes œuvres connues de la littérature sont indéniables : on retrouve un peu du Livre de la jungle, pour les animaux et le côté forêt sauvage, certains paysages ne sont pas sans faire penser au Seigneur des Anneaux, et enfin on retrouve un univers à la Miyazaki. Un sacré mélange, mais le tout fonctionne correctement.

C’est surtout la couverture qui m’a attirée au départ, mais les illustrations à l’intérieur m’ont un peu déçue. L’histoire rattrape cependant cela, même si j’ai trouvé qu’il y avait des raccourcis et des choses qui allaient trop vite.

On retrouve le côté fable écologique (les hommes qui détruisent tout sur leur passage, les forêts vouées à disparaître), avec des personnages prêts à s’entraider, remplis de solidarité. Les méchants de l’histoire ne le sont pas vraiment : ils ne posent aucun souci dans la quête de nos héros, au mieux, ils les ralentissent une demi-page.

J’ai tout de même appris une chose avec cette bande-dessinée : les bambous fleurissent, et c’est beau. Malheureusement, cette floraison signifie la mort du bambou. Elle est considérée comme une malédiction dans certains pays d’Asie 🙂

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Documentaire, Livre

Le scénario Zero Waste

Le résumé : Le premier livre écrit par l’équipe Zero Waste France afin d’interpeller les décideurs politiques et économiques sur la nécessité d’une France zéro déchet, zéro gaspillage, les inciter à passer à l’action et démontrer à tous les citoyens que cette transition est possible.

Un mode d’emploi pour donner aux acteurs locaux les informations et conseils nécessaires à la mise en place de la démarche Zero Waste (zéro déchet, zéro gaspillage).

Un plaidoyer pour inciter les élus, les dirigeants d’entreprises et les citoyens à devenir acteurs de la réduction des déchets.

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Ne plus produire de déchets, ne plus gaspiller. Impossible? Il est vrai qu’on part de loin, dans les sociétés industrialisées : produits jetables, à usage unique, gaspillage alimentaire, continent de plastiques dans les océans… « Le scénario Zero Waste », ou « Zéro déchet, zéro gaspillage », incite à passer à l’action. Pour préserver la planète, mais aussi créer de nouveaux emplois et vivre mieux.

Passer à l’action oui, d’accord, mais… La politique environnementale, c’est celle de l’Etat, celle des collectivités. Zero Waste, c’est un concept global. Il s’adresse aux collectivités, mais aussi à nous tous. Il suffit de tourner les pages du livre pour arriver à la partie « Passer à l’action » et trouver la marche à suivre, même si on est un citoyen tout seul dans son coin.

Il faut savoir, explique le livre « démarrer petit » pour atteindre le zéro déchet. Et chacun peut agir, dans son foyer, dans son quartier. « Zero Waste » évoque, entre autres, une mesure qui aujourd’hui est entrée dans les moeurs de nombreux foyers : l’étiquette « stop pub » sur les boîtes aux lettres. Difficile de faire plus simple en effet. Réduction de l’utilisation du papier au bureau, partage de compost avec ses voisins, installation de fontaines à eau sur l’espace public : le livre « Zero Waste », fruit du travail collectif de l’association « Zero Waste France », montre le chemin en matière de réduction des déchets. A chacun d’y piocher une ou plusieurs idées d’actions.

Roman, Roman ado

Partials

Un virus. La guerre contre les Partials – ces êtres mi-humains, mi-robots – a décimé la population. Seuls quelques milliers retranchés à Long Island ont survécu. Et le virus mystérieux – le RM – les tue petit à petit. Chaque nouveau-né vit moins d’une journée si ce n’est quelques minutes. La race humaine s’éteint inexorablement et aucun médecin n’a de remède.
Un espoir. Dans cette atmosphère désespérée, Kira, jeune interne en médecine, a une nouvelle hypothèse. Pourquoi les Partials sont-ils naturellement immunisés contre le RM ? Et si la solution venait de l’ennemi juré lui-même ?
Une héroïne. Kira se lance alors dans une expédition au risque de devenir une hors-la-loi. Infiltrer les Partials, en capturer un et le ramener à long Island pour l’étudier et peut-être, trouver un antidote. Mais le pari est risqué : soit elle réussit et sauve l’humanité, soit elle échoue et sera considérée comme une terroriste par son propre gouvernement. À moins que ce soient les Partials eux-mêmes qui ne la tuent…

partials

Les 150 premières pages posent bien l’histoire, mais sont beaucoup trop longues à mon goût, et je me suis demandée plus d’une fois si je n’allais pas arrêter ma lecture là. Toutefois, l’auteur écrit bien et je me suis forcée à continuer.

Bien m’en a pris, puisqu’après c’est ultra bien. Au fil des pages, tout s’enchaine, tout s’accélère et on ne lâche plus le livre.

L’histoire est très bien construite : les bases sont (trop) longues mais permettent au lecteur une bonne compréhension des personnages, de qui ils sont, de leur train-train quotidien, des relations partials-humains etc.
Il y a aussi la situation dans laquelle ils se trouvent tous, la presque-fin de l’humanité (aucun bébé en vie depuis une dizaine d’années), l’espoir souvent suivi du désespoir, la peur de ne pas pouvoir voir le lendemain.

Les personnages sont des battants et se battent pour ce en quoi ils croient. Kira sait qu’une solution existe pour les bébés morts-nés et elle se donne les moyens de trouver où est réellement le problème, quitte à tout perdre, même la vie. Ses amis sont prêts à la suivre, en trahissant au passage le Sénat qui dirige désormais ce qu’il reste de la population, afin de sauver l’humanité entière. Ils savent que le voyage chez les partials est un voyage sans réel retour possible s’ils ne trouvent rien.

L’auteur nous mène par le bout du nez et souvent on ne sait pas trop où on va. Certaines choses ne sont toutefois pas vraiment des surprises si on y réfléchit deux minutes. Et c’est pour ça que la fin, loin d’être décevante, n’est pas vraiment surprenante.

Roman, Roman ado

Carbon Diaries 2015

Laura Brown était une adolescente insouciante, jusqu’à la Grande Tempête qui a dévasté l’Angleterre. Depuis, elle a dû renoncer à tout ce qu’elle aimait : jouer dans son groupe punk, prendre un bon bain chaud, discuter toute la nuit sur son téléphone portable… Et tout cela à cause des restrictions d’énergie imposées par le gouvernement ! Désormais, chacun doit gérer un nombre de points « Carbone », ce qui rend la vie infernale. Mais Laura trouve la parade : confier à son journal ses aventures tragi-comiques dans un monde qui pourrait bien, un jour, devenir le nôtre.

carbon diaries 2015

Laura Brown, 16 ans, est une lycéenne comme les autres. Elle rêve de sortir avec Ravi, elle fait partie d’un groupe punk qui monte, n’a pas forcément de bons résultats scolaires. Son univers est bouleversé, tout comme celui de tous les habitants du Royaume-Uni, le jour où le gouvernement décide de faire baisser la consommation de carbone de 60%. Catastrophes sur catastrophes se produisent alors : le monde devient fou, le temps fait des siennes, la famille de Laura se désagrège.

L’auteur réussi parfaitement à reproduire la forme d’un journal intime. Mais on saute du coq à l’âne dans les idées, à l’intérieur d’un même paragraphe parfois, ce qui est dommage. Les phrases ne veulent rien dire, pour certaines. Le livre se lit bien et vite mais le niveau d’écriture est équivalent à celui de 50 Nuances de Grey ou encore de Twilight : pas terrible. De nombreux jours manquent au calendrier de Laura et les faits importants dont l’auteur nous rabâche les oreilles depuis une vingtaine de pages sont passés bien souvent en deux lignes, ce qui gâche les choses.

Laura n’est pas une héroïne à laquelle on s’attache réellement : elle est constamment indécise, ne sait pas ce qu’elle doit faire, se plaint. Elle s’appui énormément sur les autres, notamment sur ses voisins. Au début, c’est compréhensible, puisque le nouveau système de calcul de carbone mis en place par le gouvernement à de quoi perturber, mais au bout de 300 pages, c’est lassant. De plus, les parents de Laura m’ont plus qu’énervé.

Un des points positifs de ce livre est qu’il fait réfléchir sur notre mode de vie, sur nos habitudes, sur ce qu’il se passent en ce moment même avec le dérèglement du temps (tornades aux Etats-Unis, pluies incessantes, manque de soleil…). Ce qui arrive à l’héroïne peut aussi nous arriver, ce qui est assez effrayant : hiver très rude, sécheresse et canicule et énormes inondations.

C’est un roman catastrophe réaliste sur ce qui pourrait se passer demain, dans une semaine ou dans un mois. Malgré une héroïne pleurnicharde, l’auteur Saci Lloyd apporte une vraie réflexion sur notre société.

A noter qu’un tome deux, Carbon Diaries 2017, est prévu.