Livre, Roman ado

Je Suis Ton Soleil

Déborah entame son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui dévore toutes les siennes et seulement les siennes. Entourée de sa meilleure amie, de ses deux copains confidents, Victor et Jamal, avec lesquels elle partage le rituel des cadavres exquis, empêtrée dans le conflit de ses parents, le mal-être de sa mère, Déborah est une héroïne drôle, inclassable, surréaliste.

Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l’aide, des amis, du courage et beaucoup d’humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

Déborah, lycéenne de 17 ans, va bientôt passer le bac. Elle déborde d’énergie, essaye de voir la vie du bon côté, mais « le théorème de la scoumoune » s’abat sur elle inexorablement : déjà, elle a le bac à passer, ses parents se séparent, Victor, le garçon qui fait craquer son coeur est pris et pas vraiment intéressé, sa meilleure amie la lâche pour un garçon « tête d’ampoule », et son labrador Isidore qu’elle déteste ne cesse de manger ses chaussures. Bref, rien ne va plus.

J’étais un peu dubitative au début de Je suis ton soleil. La couverture coquillettes est chouette, un peu mystérieuse, mais cela me semblait un peu étrange (pourtant, en lisant le live cela semble logique). Pourquoi ce titre ? Et puis le résumé était un peu déjà-vu. 

Et puis finalement, dès les premières lignes, les premières pages, je me suis prise dans cette agréable lecture.
Déborah est un personnage agréable, un peu bizarre par moment, mais aussi pleine d’humour. Elle a son petit caractère et la morgue typique d’une adolescente. Les choses entre ses parents ne vont plus du tout, sa mère ne va pas bien, et cela se ressent sur l’attitude et l’humeur de la jeune fille. Entre larmes et colère, Déborah essaye tant bien que mal d’oublier cette situation désagréable. Heureusement, ses camarades de classe et amis, Jamal et Victor, vont l’aider à penser à autre chose.
Déborah est un personnage auquel on s’attache rapidement. Sa sincérité est touchante, ce qui attire notre sympathie. Elle est un personnage crédible, qui grandit avec les plus et les moins de la vie. Et cette année de terminale s’annonce riche en rebondissements.

Les chapitres sont courts, agréables à lire. Le fait que le roman est à la première personne aide beaucoup et les pages tournent rapidement. Chaque titre de chapitre est en fait une référence, une citation, à une oeuvre littéraire qui appartient à l’univers de Déborah. J’en ai reconnu certaines, d’autres pas, mais c’est marrant de se prendre au jeu.

Le ton donné au roman par Marie Pavlenko permet de lire ce livre avec un grand plaisir et une rapidité certaine. C’est le genre de livre qu’on aime lire l’été à la plage car c’est léger (malgré certains thèmes abordés), plein de bons sentiments (sans tomber dans la mièvrerie), et cela donne du baume au coeur 🙂

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Livre, Roman ado

Flora Banks

DIX
L’âge que j’avais quand mon cerveau s’est détraqué.

HUIT
Années de validité de mon passeport.

SIX
Le nombre de personnes qui me cherchent au Spitzberg, dans l’Arctique.

QUATRE
L’âge auquel j’ai rencontré ma meilleure amie.
Je ne dois plus jamais l’appeler, ni lui envoyer de SMS.

DEUX
Deux cailloux noirs. L’un m’appartient, l’autre est à Drake.
Je le rejoindrai, où qu’il soit.

UN
Un souvenir. C’est tout ce qu’il me reste.

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Flora Banks est une adolescente de 17 ans qui est atteinte d’une amnésie antérograde. Elle ne garde des souvenirs que pendant deux à trois heures maximum, puis oublie. Elle n’a pas d’autres souvenirs que ceux qu’elle avait avant d’avoir sa tumeur au cerveau, à l’âge de dix ans. Sauf que Drake, le copain de sa meilleure amie Paige, va l’embrasser sur une plage, et qu’elle va s’en souvenir. Elle va alors se mettre en quête de ce garçon parti étudier au Spitzberg, dans l’Arctique, un garçon qui pourrait bien lui permettre de se créer de nouveaux souvenirs.

Dès les premières lignes, on sait que Flora Banks est un roman qui ne va pas nous laisser indifférent. Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais aimer ce livre. 

Tout d’abord parce qu’il est très bien écrit. Emily Barr a une très jolie écriture et le livre se lit tout seul, les pages tournent rapidement. On est transporté en Cornouailles, mais aussi au Spitzberg. Les descriptions sont formidables, on a l’impression d’y être et de geler sur place. Le roman est écrit à la première personne, et c’est Flora que nous lisons. 
Ensuite parce que le roman est différent de ce à quoi on est habitué. Certes, on commence avec une fête d’adolescents, mais le reste change. Car le texte est extrêmement répétitif. On entre dans la tête de Flora, on suit sa technique pour tenter de mémoriser où et qui elle est.

Flora est un personnage très fort, et elle en a même fait une de ses règles de vie. Elle note toute sa vie sur son cahier, sur ses bras, sur des post-it, afin de savoir qui elle est. Elle est couvée par ses parents, qui ne la quittent pas d’une semelle. Mais le jour où ils doivent se rendre à Paris voir Jacob, le frère aîné malade de Flora, la jeune fille en profite pour vivre sa vie, et partir retrouver le garçon qu’elle aime. Mais est-ce que ce voyage a cette unique finalité ? Sans doute pas. 
La jeune fille a une grande soif de liberté, et surtout a besoin d’apprendre à se connaitre. Elle se révèle débrouillarde, capable de se faire des amis, sans l’aide de personne. Et c’est assez impressionnant ! Car je ne suis pas sûre qu’à sa place, je n’aurais pas abandonné. 

On apprend à la connaître en même temps qu’elle. Certains indices laissés par l’auteur intriguent et nous poussent à la lecture. Le récit alterne récit dans le présent, mais aussi souvenirs perdus. L’intrigue est bien ficelée et on attend de savoir la fin avec une impatience grandissante. Car à un moment, Emily Carr réussit très bien à brouiller les cartes, et on ne sait plus trop quoi penser, on  ne sait plus ce qui est vrai, ce qui a été déformé, et ce qui est dans la tête de Flora.
Bref l’auteur a réussi son coup avec ce très bon roman, et je remercie Babelio et Casterman pour cette découverte ! 🙂

Livre, Roman ado

Je t’ai rêvé

Vous, les gens normaux, êtes tellement habitués à la réalité que vous n’envisagez pas qu’elle puisse être mise en doute. Et si vous n’étiez pas capables de faire la part des choses ? Jour après jour, elle se retrouve confrontée au même dilemme : le quotidien est-il réel ou modifié par son cerveau détraqué ? Dans l’incapacité de se fier à ses sens, à ses émotions ou même à ses souvenirs, mais armée d’une volonté farouche, Alex livre bataille contre sa schizophrénie. Grâce à son appareil photo, à une Boule Magique Numéro 8 et au soutien indéfectible de sa petite sœur, elle est bien décidée à rester saine d’esprit suffisamment longtemps pour aller à l’université. Plutôt optimiste quant au résultat, Alex croise la route de Miles, qu’elle était persuadée d’avoir imaginé de toutes pièces… Avant même qu’elle s’en rende compte, voilà que la jeune femme se fait des amis, va à des soirées, tombe amoureuse et goûte à tous les rites de passage de l’adolescence. Mais alors, comment faire la différence entre les tourments du passage à l’âge adulte et les affres de la maladie ? Tellement habituée à la folie, Alex n’est pas tout à fait prête à affronter la normalité. Jusqu’où peut-elle se faire confiance ? Et nous, jusqu’où pouvons-nous la croire ?

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Voilà un moment que ce livre me faisait de l’oeil avec sa très jolie couverture ! Et ce n’est que maintenant que j’ai réussi à trouver un peu de temps pour m’y pencher ! Mon avis ! 🙂

Alex est une adolescente qui souffre depuis ses 7 ans de schizophrénie. Elle tente de discerner ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas : elle voit et entend des choses qui n’existent pas. Sauf que parfois sa maladie prend le dessus, et c’est pourquoi elle a été obligée de changer de lycée. Elle va y rencontrer Miles, un garçon solitaire et un peu étrange. Serait-il le garçon aux homards rencontré des années plus tôt, ou l’a-t’elle rêvé ?

Ce roman aborde un thème difficile et peu évoqué dans les romans en général. La schizophrénie est quelque chose d’assez lointain pour celui qui ne s’y intéresse pas. On connait tous les symptômes, mais dans Je t’ai rêvé, on a une vision d’une personne qui le vit. Comment faire alors qu’on ne peut pas se faire confiance à soi-même, à ses sens ? Qu’est-ce qui est réel, qu’est-ce qui ne l’est pas ?

J’ai été surprise plus d’une fois. Le personnage principal est le narrateur, donc on croit plus ou moins ce qu’elle voit et entend. Certaines choses n’existent clairement pas, comme par exemple le phénix qui vole au-dessus de son quartier. Par contre, pour d’autres choses, c’est plus compliqué. On est habitué à faire confiance au personnage que l’on suit, à voir par ses yeux. On ne le remet jamais en question. Sauf que là, tout prend une autre proportion, tout est différent.
J’ai aussi eu des coups au coeur : comment ne pas être émue devant tant de souffrances ? Les mots font parfois mal, et l’auteur a pleinement exploité ce côté.

Alex est un personnage touchant. Comme d’autres, elle tente de passer outre sa maladie et de vivre une vie normale d’adolescente. Mais les choses se compliquent lors de crises incontrôlables, malgré les médicaments. Elle est obligée de tout prendre en photo pour distinguer le vrai du faux. Mais parfois, le faux rattrape la réalité, et Alex ne peut rien y faire… Elle tente de garder la face, de rester forte, mais bien souvent, elle craque. Et on la comprend, parce qu’on aurait sans doute fait pareil à sa place.
Le personnage de Miles est aussi un personnage attachant. Enfant battu par un beau-père alcoolique, il s’est enfermé dans une coquille de solitude. Il ne laisse personne l’atteindre. Jusqu’au jour où il rencontre Alex, cette fille différente des autres qui semble le comprendre.

Je vois le rapprochement qui peut être faire avec les romans de John Green : on aborde la maladie, l’adolescence et l’envie de s’en sortir, grâce à l’amour. L’auteur Francesca Zappia a réussi à rendre tout ça pas trop lourd malgré le thème et agréable à lire grâce à une jolie écriture.

Livre, Roman, Roman ado

La Menace

Mage Noire effrayée par le pouvoir qui grandit en elle, Manon hésite à rendre la mémoire à Alexandre, témoin de la bataille qui a fait rage entre Mages et Ombres. Malgré tout, le bad boy séducteur garde des réminiscences de scènes qui le déroutent. Il repousse avec succès les nouvelles attaques d’Ombres, échappe à une explosion et s’interroge, avec la jeune fille, sur l’entité qui anime les créatures. De qui s’agit-il ? De Brandon le lycéen américain à l’étrange comportement ? D’un nouveau Mage ? 

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Dans ce second tome de la saga Le Noir est ma Couleur, on retrouve nos héros quelques heures seulement après les évènements qu’ils ont vécus.

Alexandre est à l’hôpital, après avoir frôlé une mort certaine : le Mage Noir qui pourchassait Manon l’a presque entièrement vidée de son sang. Il est de nouveau amnésique, mais cette fois, il semble que c’est pour de bon, vu que c’est la père de Manon qui s’en est occupé… Et lui, ce n’est pas un rigolo, vu qu’il fait partie du Conseil des Mages. C’est même l’un des plus puissants de Paris.
Manon, quant à elle, est traumatisée par son kidnapping, mais surtout par le fait que le sortilège du Mage Noir ait fonctionné : elle est désormais aussi un Mage Noir, doit le cacher à sa famille, et apprendre à maitriser le Noir seule. C’est dangereux, et elle le sait.

Après les péripéties du premier tome, je me suis fait un plaisir de retrouver les personnages de Manon et Alexandre. Ils sont toujours aussi bornés l’un que l’autre, mais aussi toujours aussi courageux. Ils me font beaucoup rire, car des fois, ils ne se comprennent pas. Ils ne viennent pas du même monde et cela donne parfois des scènes comiques, pleines d’exaspération pour les personnages.
Alexandre a tout oublié de la semaine qui vient de s’écouler. Il retourne en cours, au sein du lycée Pasteur, mais il sent que quelque chose cloche. Ses amis trouvent qu’il a changé, et pas forcément en bien : il ne traine plus avec eux, les laisse en plan pour une fille, agit bizarrement. Il tente donc de reprendre un semblant de vie normale.
Manon, elle, se sent de plus en plus seule dans l’épreuve qu’elle doit vivre. La seule personne à qui elle peut parler n’est autre qu’Alexandre, qui a donc tout oublié. Cela n’empêche pas notre héroïne de venir à la rencontre du garçon, quitte à ce qu’il la prenne pour une folle. Après tout, si je vous apprends que je suis une sorcière qui contrôle le prisme des Couleurs, qu’un Mage Noir et ses Ombres sont à ma poursuite rien que pour essayer ses expérimentations sur moi, et que le Conseil des Mages veut ma mort (sans qu’il le sache encore), vous me croiriez aussi folle et auriez envie de fuir le plus loin possible 😉

Les choses reprennent peu à peu leur cours, jusqu’à l’apparition de Jordan, un jeune Mage, enfant d’amis de la famille de Manon…. qui va jeter un certain trouble dans l’amour naissant de nos deux héros. Argh !! Malheur !

J’ai avalé ce second tome encore plus vite que le premier ! J’avais déjà beaucoup aimé Le Pari. On retrouve les mêmes ingrédients : de l’action, de l’humour, des personnages attachants, des moments de suspense, des références à des chansons connues de tous (Dark Horse de Katy Perry, Call Me Maybe de Carly Rae Jepsen, etc…) et des références à des films (Drive par exemple).
De même, on retrouve le format à deux voix, que j’avais beaucoup aimé. Chaque fin de chapitre se finit d’une façon tellement intrigante que l’on est obligé de continuer.

C’est une histoire originale très prenante et bien écrite. J’ai déjà attaqué le tome 3 ! Vous en aurez bientôt des nouvelles 😉

Livre, Roman, Roman ado

Le pari

Normalement, Alexandre le bad boy du lycée n’aurait jamais prêté attention à Manon l’intello du premier rang. Pourtant, à la suite d’un pari il a décidé de la séduire.

Normalement, Manon n’aurait jamais toléré qu’Alexandre vole à son secours. Pourtant, dans l’obscurité d’une ruelle, sa présence s’est révélée décisive.

Alexandre doit se rendre à l’évidence. Rien n’est normal dans cette histoire.

Manon acceptera-t-elle qu’il entre par effraction dans son univers?

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Le premier tome de Le Noir est ma couleur est sorti il y a près d’un an maintenant. Il a eu, je ne sais pourquoi, un certain pouvoir d’attraction sur moi. Il m’a tout de suite attiré l’oeil, et le résumé de la 4e de couverture m’a tout de suite intriguée.

Alexandre est le bad boy du lycée. Il est grand, musclé, beau, blond, yeux bleus. Il aime le sport, les filles, s’amuser avec son groupe d’amis et jouer les caïds.
Manon est l’intello de la classe. Intelligente, elle aime travailler, répond en classe aux questions des profs. Elle se fiche de ce que l’on dit d’elle, et préfère rester avec sa meilleure amie. Tout l’inverse d’Alexandre en somme. Elle a toutefois une chose que les autres n’ont pas : des pouvoirs magiques ! 
Ces deux personnages n’ont aucun rapport, mais vont tous les deux être liés par le destin, grâce à un pari stupide.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce livre. De quoi parle t-il vraiment ? Y-a t’il de la magie ? Est-ce un simple livre de romance, agrémenté d’un peu d’action ? Et à quoi correspond cette couleur noire ?

C’est donc avec surprise que j’ai plongé dans un monde de magie, inventé par Olivier Gay. L’histoire se passe à Paris, de nos jours. Manon et Alexandre sont des ados tout ce qu’il y a de plus normal. Enfin… surtout Alex. Parce que Manon se révèle en fait être une magicienne maitrisant le spectre des couleurs (les cours de physique… oh joie et bonheur ! 😉 ). Chaque couleur a sa particularité, sa fonction. Manon est pourchassée, pour une obscure raison, par un Mage Noir et ses Ombres, sortes de prolongements magiques dépendants du Mage. Manon est en danger de mort, mais Alexandre semble toujours être là au bon moment…

C’est un roman à deux voix, avec d’un côté Manon, que l’on voit pratiquer la magie et de l’autre Alexandre, qui tente de s’accrocher et de comprendre dans quoi il vient de tomber. Je n’aime pas forcément les romans à plusieurs voix, mais ici, je trouve que ça fonctionne bien, du coup ça ne m’a pas gêné outre mesure. On apprend à mieux connaitre les personnages, leur caractère de cochon, leur façon de voir les choses. Ça fonctionne tellement bien, que je ne me suis pas tout de suite rendue compte que j’étais arrivée à la moitié du livre en seulement deux jours – le troisième jour lui a été fatal 😉 .

J’ai aimé ce premier tome pour son histoire originale, pour ses personnages, pour son écriture – en France, on fait souvent dans les fioritures et le compliqué, mais pas là -, pour son humour, pour son ambiance urban fantasy, pour ses références à la pop-culture et pour son action. Je cours acheter la suite de ce pas ! 🙂 (pour l’instant trois tomes sont sortis, et le tome 4 sort… aujourd’hui !!).

En attendant, retrouvez une interview de l’auteur ici.

Livre, Roman, Roman ado

La Cité, fin du jeu


C’est Arthur qui prend la parole dans cet ultime tome de la série. On apprend qu’il bénéficie d’un statut privilégié dans La Cité et, par ses yeux, le lecteur comprend progressivement tout. On découvre – mais il serait fort cruel de tout dévoiler – pourquoi cette fascinante Cité existe, pourquoi ceux qui l’ont imaginée ont développé, à coups de millions de dollars, un réseau mondial capable de pénétrer au plus près de l’intimité de chaque joueur, à la frontière de la légalité.

La Cité livre

Un jeu vidéo dans lequel la vie peut être plus belle que la vraie vie, où l’on peut configurer son personnage pour être celui que l’on a envie d’être, en bien mieux que celui que l’on est en réalité, c’est un rêve ? Ce jeu vidéo existe (enfin presque, puisqu’il s’agit d’un roman) : c’est La Cité, lancé à grand renfort de pub faite pour intriguer les amateurs de jeux. Un jeu dont on ne connaît pas le but, au nombre de joueurs limité à quelques millions, sélectionnés à travers le monde.

Dans les premiers tomes de La Cité, on fait connaissance avec l’environnement (ce jeu tellement réaliste qu’il en est terriblement addictif), avec les personnages, (ceux du jeu et ceux qu’ils sont dans la vraie vie). Et puis petit à petit, on se rend compte que ça dérape.
Dans La Cité, il n’y a pas que des Bisounours, pas que des ados gentils à la recherche d’eux-mêmes. Il y a aussi de la violence, des clans. Mais tout au long des quatre premiers tomes, la question reste la même : qui est derrière ce jeu? Le cinquième – et dernier – tome de la série (sous-titré #La bulle) donne la réponse.

La Cité est une cité perdue, dans laquelle errent des Ombres qui font penser aux zombies. Le jeu ne fonctionne plus. Sur les forums liés au jeu, les joueurs se cherchent, s’interrogent. Certains joueurs ont été « éjectés » du jeu. D’autres se sont rendus compte que le matériel qui leur permettait d’accéder à La Cité ne répond plus. Un seul joueur y accède encore. Bientôt, il ne rencontre plus que les Ombres, fantômes de joueurs déconnectés, et les avatars de ceux qui furent ses amis. Et c’est par les yeux de ce joueur que l’on apprend à voir La Cité autrement. On sait désormais qui a créé le jeu et pourquoi.

En filigrane, le roman offre quelques pistes de réflexion qui, dans la vraie vie, font un peu froid dans le dos. De quoi donner au lecteur, celui en tout cas qui se pose des questions sur Internet, sur la collecte de données privées, sur l’utilisation actuelle ou future de ces données et sur la sincérité de ces « amitiés » qui se nouent sur les réseaux sociaux, l’envie de faire attention à ce qu’il laisse de lui-même sur le net.