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Rebecca Kean, tome 6 – Origines

Un coup de fil en pleine nuit augure rarement une bonne nouvelle. Quand c’est pour apprendre qu’un petit rigolo a décidé de faire mumuse avec un sort interdit depuis des lustres, je commence à perdre mon sens de l’humour. Et si, en plus cette démonstration vise à éliminer un à un les chefs de clans officiant sur mon territoire, autant vous dire que je vois carrément rouge!
Avec tout cela, on voudrait que j’exerce avec un peu plus de sérieux mon rôle de reine des Vikaris. Pas de doute, les congés payés, c’est pas pour demain…

Voilà un moment que nous attendions, nous lecteurs de Rebecca Kean, le sixième tome, Origines. Je l’ai fait durer un maximum de temps car le tome suivant ne sort que l’année prochaine, et que ça va être horrible d’attendre 😉

Une nouvelle menace plane sur Burlington, la ville américaine où s’est établie Rebecca Kean, sorcière de guerre. L’assayim enquête sur l’assassinat de pontes, tels que le fils du maire, tués par cumurou archanta (un vilain sort interdit). On essaye aussi de la tuer elle. Elle a bien évidemment l’habitude, mais elle sent que cette fois, c’est différent : des opperstes, des renégats à leurs clans prêts à se soulever contre l’autorité du Directum, mettent le bazar sur son territoire. Bref, rien ne va, surtout qu’elle doit régler ses amours, gérer sa fille Léonora, et surtout découvrir ses origines. Pas de quoi s’ennuyer pour notre reine des Vikaris.

C’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé le personnage de Rebecca Kean et son univers. Elle n’arrête pas une seconde, tout lui tombe sur la tête en même temps, et on aperçoit enfin ses faiblesses. On sent que tout s’accélère dans cet avant-dernier tome, et que l’auteur Cassandra O’Donnell a encore plein de choses à raconter. Ce sixième tome reste toutefois un tome de transition, car il y a moins d’action que dans le précédent.

On a quelques révélations sur les origines de Rebecca. Enfin ! Même si ce sont des choses auxquelles on s’attendait un peu, on est maintenant fixé sur l’identité de son géniteur.
De même, on prend dans ce tome vraiment conscience qu’elle est la reine des Vikaris. Elle prend son rôle au sérieux, son peuple est enfin vraiment présent et montre toute sa puissance. Mais en même temps, elle prend aussi son rôle d’assayim au sérieux. Elle a réussi à se faire respecter par tous les chefs de clans et faire en sorte qu’ils se serrent les coudes au moindre problème. Et là, des problèmes, il y a en beaucoup beaucoup.

Ce tome s’appelle Origines. Nous apprenons donc les origines de Rebecca, mais ce n’est pas tout. La jeune femme qui a  de nombreux amours contrariés va apprendre quelque chose qui nous laisse bouche-bée en fin de tome : qui est réellement Raphael. 

On ne s’ennuie pas une seconde, et on n’a pas envie de lâcher ce tome, ni de le finir. Il manque toutefois un personnage que j’adore dans cette saga : Bruce. Son humour et sa présence m’ont manqué… j’espère le voir dans le tome suivant ! 🙂 

Le moins dans ce tome ? Aucun rapport avec l’histoire, mais avec le livre en lui-même. Le format a changé : il est deux fois moins épais pour le même contenu, je me suis donc arrachée les yeux au début de ma lecture tellement c’était écrit petit. De plus, il y a plein de coquilles, ce qui est très désagréable. A croire que le livre n’a pas été corrigé du tout. Heureusement, c’est le contenu qui importe ! 🙂

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Wayward Pines livre 2

Nichée au coeur d’un paysage de carte postale, Wayward Pines apparaît comme une petite bourgade idyllique où la vie s’écoule paisiblement – à condition de faire abstraction de la clôture électrifiée qui en barre totalement l’accès et de la surveillance implacable des autorités. Les quelques fous à avoir tenté de quitter la ville l’ont payé de leur vie. Sauf Ethan Burke. Il a vu le monde au-delà de Wayward Pines, découvert l’insoutenable vérité. Et il est revenu. Parviendra-t-il à ouvrir les yeux de ses concitoyens sur la terrible réalité qui les entoure, sans éveiller les soupçons de leurs geôliers ?

 

Re-bienvenue à Wayward Pines, la ville que personne ne quitte. Si vous avez lu le premier livre, vous savez, vous, pourquoi on ne quitte pas Wayward Pines, cette petite ville américaine où tout a l’air normal, si normal… Dans ce monde qui avait l’air d’un monde parfait et qui se révèle être, au fil des pages, un monde glaçant et violent, Ethan Burke est désormais shérif. La réalité de ce monde, lui, il la connaît. Il sait ce qu’est vraiment Wayward Pines. Il connait les dangers qui se massent derrière la clôture électrifiée… et ceux qui se cachent à l’intérieur.

A Wayward Pines, chacun a sa maison, sa famille, son travail (ou, pour la plupart, son non-travail, tellement l’activité est loin d’être débordante). Mais, aussi impensable que cela puisse être dans cette ville où tout est si prévisible, le shérif va devoir mener l’enquête, après la mort d’Alyssa, poignardée et abandonnée sur la route au sud de la ville. Et il va lui falloir louvoyer.

Alyssa. De quel côté était-elle? Du côté de David Pilcher, qui dirige Wayward Pines? Ou de ce groupe qui transgresse les règles de la ville? Wayward Pines, livre 2, révèle ce qui n’apparaissait pas dans le livre 1 : il y a une forme de résistance à Wayward Pines. Il dévoile aussi des zones d’ombre, venues parfois du passé. Il apporte même une touche d’espoir : la plupart de ceux qui ont quitté la ville sont morts, mais il reste Tobias…

La série, elle, comme le laissait prévoir la fin de la saison 1, s’est bien éloignée du livre. Perso, je préfère les livres, même si je suis arrivée à Wayward Pines par le biais de la série. La seule chose qui m’ennuie un peu, c’est que la suite est visiblement sortie, mais uniquement hors de nos frontières…

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Yesterday’s gone, Episodes 3 & 4 : Aux frontières du possible

Ils sont seuls, ou réunis en petits groupes. Certains d’entre eux avaient déjà rêvé tout ce qui s’est passé. Ils l’attendaient, se sont préparés, sans vraiment savoir à quoi.

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Bon, autant vous le dire tout de suite, la situation ne s’est pas arrangée. Déjà au début de l’histoire, ils n’était pas bien nombreux à s’être réveillés un matin, en étant vivants, entiers et en croyant (certes, pas longtemps) que le monde n’avait pas changé. Et évidemment, comme on est dans une série à rebondissements (voir le début de l’histoire par ici), ça a rebondi.

De nouveaux personnages ont disparu (non, n’insistez pas, je ne vous dirai pas lesquels), bouffés par des : 1. bestioles ? 2. extra-terrestres ? 3. zombies ? 4. bestioles extra-terrestres ? 5. bestioles-zombies ? 6. bestioles extra-terrestres zombies ? 7. autre chose ? 8. en tout cas par des gros vilains, enfin, on le suppose.

D’autres personnages s’affinent. Ont-ils des pouvoirs ? Sont-ils prédestinés à sauver le monde ? Difficile à dire, même après avoir lu deux épisodes supplémentaires. Mais il se confirme que la Terre est mal barrée et que ceux qui ont survécu ne sont pas tous des Bisounours, loin de là. Du beauf ordinaire odieux avec le fils de sa copine (enfin, ex, puisqu’elle fait partie des disparus) au sadique en passant par le type entraîné aux situations compliquées, ils côtoient les gentils-sensibles de l’histoire. Quant aux raisons pour lesquelles la majeure partie de la population a disparu, on ne les connaît toujours pas.

Et voilà, ce livre est une série et comme dans les séries, on dévore, on dévore, mais on n’en sait pas beaucoup plus à la fin des quatre premiers épisodes. Bref, j’y retourne.

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Yesterday’s gone, Episodes 1 & 2 : Le Jour où le monde se réveilla désert

C’est à 2 h 15, en pleine nuit, que cela s’est produit.
Mais ce n’est qu’au réveil qu’ils s’en sont rendu compte.
Le monde déserté. Vidé de sa population. Famille, proches, voisins, tous ont disparu. Volatilisés.
Ils ne sont qu’une poignée, disséminés à travers le pays…

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Imaginez : un matin, vous vous réveillez et vous êtes tout seul. Plus de parents, d’enfants ou de compagnon à vos côtés. Plus de voisins. Bon d’accord, ce début d’histoire a déjà été utilisé plusieurs fois. Post-apocalypse avec extraterrestres ou avec zombies, disparition des plus de 15 ans, des romans qui commencent comme ça, il y en a d’autres que Yesterday’s gone. La différence est plutôt dans la forme que dans le début de l’intrigue. Yesterday’s gone ne se veut pas un roman mais une série (oui, comme à la télé) écrite. Oui oui, un livre, avec des épisodes et des saisons.

Alors qu’est sorti il y a quelques semaines un nouvel épisode de la saison 2, j’ai décidé (enfin) de commencer par le début, c’est à-dire le tome 1 de la saison 1. Logique. Comme dans toute bonne série, si on veut suivre, il faut commencer par le commencement. D’autant que les deux premiers tomes – enfin, les deux premiers épisodes – sont construits, comme les suivants d’ailleurs, en partant des personnages.

Un matin donc, ils sont un certain nombre à se réveiller seuls. D’autres ont perdu un membre de la famille pendant la nuit. Le père, ou la mère, ont disparu. Et comme si ça ne suffisait pas, certains voient des trucs bizarres, en rêve ou en vrai. De ces trucs qui vous font bien flipper. Un animal qui a perdu une partie de la tête, des brouillards noirs, des couleurs, des créatures bien moches. Extraterrestres? Zombies? Ne comptez pas sur moi pour vous le dire. D’abord je ne spoile jamais et puis de toute façon, à la fin des deux premiers épisodes, on n’est sûr que d’une chose : ce sont de gros gros vilains très moches et pas sympas.

Ce qu’on a également compris c’est que : 1. l’espèce humaine est très mal barrée, 2. les survivants ne sont pas tous des gentils, 3. il va leur arriver des bricoles, aux gentils comme aux méchants. Et comme évidemment, comme dans toute bonne série, on a envie de savoir et que par ailleurs c’est écrit de façon dynamique avec des cliffhanger efficaces (vous savez, ces fins de chapitres, ou d’épisodes, qui vous donnent juste envie de donner tout ce que vous avez pour connaître la suite), eh bien je vous conseille, si comme moi vous l’aviez laissé de côté, de vous procurer Yesterday’s gone. Quant à moi, je m’attaque à la suite.

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Metropol, tome 1 Corps à corps

Même s’il ne monte plus sur le ring, l’ex-champion de boxe Harry Kvist se sert toujours de ses poings. Pour gagner sa vie, d’abord, grâce à sa petite officine de recouvrement de créances. Et pour survivre, tout simplement. Survivre dans le Stockholm des années 1930, où la Grande Dépression est aussi rigoureuse que l’hiver. Tout juste trouve-t-il quelque réconfort dans le sexe, avec des femmes ou des hommes de passage.
Lorsqu’il est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, Kvist va devoir naviguer entre les bas-fonds et les beaux quartiers, les bars clandestins et les bordels, pour retrouver la seule personne qui puisse l’aider à prouver son innocence. Un premier roman noir, rugueux et stylé, par l’auteur suédois le plus hot et le plus prometteur du moment.

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Harry Kvist n’a ni bureau ni secrétaire. Il vit à Stockholm, dans les années 30. Et pour vivre, lui qui fut champion de boxe, il recouvre des créances, comme on dit. Et pas franchement en douceur. Avec Kvist, les nez cassés ne manquent pas, mais il récupère vélos, objets et argent. C’est tout ce que lui demandent ses clients.

Si ce n’étaient les noms de rue et de personnages, on pourrait vraiment se croire dans un de ces romans noirs américains du début du XXe siècle qui ont fait (et font toujours) le bonheur des amateurs du genre. Kvist est un ancien boxeur reconverti dans le recouvrement de créances, mais il pourrait tout aussi bien être un détective privé au coup de poing facile et au style pas très orthodoxe vivant de l’autre côté de l’Atlantique.

Il faut croire que le Stockholm des années 30 ressemble assez, dans la violence des relations humaines, dans l’ambiance de misère et de délinquance de l’époque de la grande dépression décrite avec force par Martin Holmén dans Metropol, aux villes américaines de la même époque. Et évidemment, avec un cadavre et un Harry Kvist qui fait un excellent suspect, on a tous les éléments du polar classique. Le froid suédois en plus.

Difficile d’admettre que Corps à corps, premier tome de la trilogie Métropol, est un premier roman. C’est un vrai coup de maître.

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Le Dernier des nôtres

« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… » Manhattan, 1969 : un homme rencontre une femme.
Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d’un petit garçon.
Avec puissance et émotion, Adélaïde de Clermont Tonnerre nous fait traverser ces continents et ces époques que tout oppose : des montagnes autrichiennes au désert de Los Alamos, des plaines glacées de Pologne aux fêtes new-yorkaises, de la tragédie d’un monde finissant à l’énergie d’un monde naissant… Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga.
Vous ne dormirez plus avant de découvrir qui est vraiment « le dernier des nôtres ».

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Je n’ai pas pour habitude de lire des romans de la rentrée littéraire juste parce qu’ils font partie des romans de la rentrée littéraire. Pourtant, j’ai fait une exception pour quelques romans. Et Le Dernier des nôtres en fait partie. Sa couverture m’a tout de suite attiré l’oeil, de même que sa quatrième de couverture.

1969, Manhattan. Werner Zilch, 24 ans, est prêt à se lancer dans les affaires : il a pour projet, avec son meilleur ami et associé Marcus, de se lancer dans l’immobilier. C’est lors d’un diner qu’il la croise. Il sait qu’elle est « La Femme De Sa Vie ».
1945, Allemagne. La guerre fait rage, et les bombardements anglais ne cessent de pleuvoir. Une femme, Luisa, est retrouvée vivante parmi les décombres, alors qu’elle est sur le point d’accoucher. Voilà pour le début.

C’est un roman que j’ai trouvé très agréable à lire. C’est très bien écrit, sans trop de descriptions, avec des dialogues. J’ai bien aimé que l’auteur alterne entre les deux époques. Pendant tout un moment, on ne sait pas trop où elle veut nous emmener, mais les pièces du puzzle se mettent en place tout au long du roman.

Werner est un personnage qui réussit dans la vie. Séducteur et bel homme, aucune fille ne lui résiste. Pas même Rebecca, jeune bourgeoise américaine. Werner a toutefois un côté énervant de mâle misogyne insupportable. Heureusement que le personnage de Rebecca se montre un minimum féministe, sinon leur relation en dents de scie aurait été ennuyant.
De l’autre côté, on a Marthe qui parcourt l’Europe afin de sauver le bébé de Luisa. Elle fait preuve d’une force de caractère incroyable, surtout face à des armées de SS.

Forcément, dans l’Allemagne de 1945, on aborde le thème du nazisme. L’auteur nous montre les deux côtés : ceux enrôlés de force, qui sont loin de partager les idées d’Hitler, mais qui craignaient pour leur vie, et ceux qui ont trouvé leur place, torturant et tuant à tout va dans les camps.
Adélaïde de Clermont-Tonnerre réussit à nous montrer des personnages qui nous font pitié, alors que leurs agissements sont horribles et d’autres qui nous dégoûtent, qui nous montrent que l’humanité est capable du pire pour son simple plaisir.

C’est un roman qui m’a intrigué : pourquoi « Le dernier des nôtres » ? « Comment l’histoire va t’elle se terminer ? ». La réponse est légèrement décevante car l’auteur se perd un peu dans son récit.
De même, certains éléments sont un peu gros dans le récit. La fin est un peu trop prévisible à mon goût, à l’image des comédies romantiques.

Bref, dans l’ensemble, le roman est bien mené et agréable, mais quelques petites choses m’ont déçue. Je lirai toutefois avec plaisir Fourrure, le premier roman de l’auteur.