Documentaire, Livre

Le Potager Extraordinaire de Vendée, 150 recettes naturelles

Naviguer, sillonner sur les routes de Vendée, flâner côté terre, mer et marais, quoi de plus agréable! Rencontrer les éleveurs, pro­ducteurs, marins, échanger sur leur savoir-faire. Se rapicoler après avoir dégusté, en leur compagnie, le millet, la gâche, le fion maraî­chin, le préfou, la mogette et bien d’autres merveilles. Échanger sur leur métier toujours pratiqué dans un esprit de respect de l’environnement, de culture et d’élevage bio. Sans oublier ce que nous offre Dame Nature: les algues « filles du soleil et de la mer», les poissons, coquillages et crustacés, tout droit sortis du chaudron de Neptune. Déambuler en glanant de-ci de-là ces drôles d’herbes de la côte sauvage, comme ces immortelles d’Italie qui, au printemps, brodent les dunes de leurs corolles jaunes. Qui embaument les environs de leur parfum de curry. N’oublions pas les cristes marines au doux goût iodé et sucré à la fois. La benoîte, la salicorne, l’ortie, le coquelicot qui jonchent nos talus et rives, et toutes ces autres richesses que nous offre le littoral, et qu’il nous faut, bien sûr, respecter et préserver. Bon vent, bonne balade, bon appétit.

Pour une fois, je vais vous parler d’un livre de recettes, que j’ai reçu grâce à la Masse Critique de Babelio. Merci à eux et aux éditions La Geste.

Le Potager Extraordinaire de Vendée contient 150 recettes nature. Elles sont réparties par ingrédients (cucrbitacées, algues, fleurs, herbes du jardin et sauvage), et par type (entrée, plat, dessert). Il aurait peut-être été plus aisé pour le lecteur de les classer aussi par saison, car il est parfois un peu difficile de s’y retrouver. Heureusement, le sommaire est clair, ce qui aide un peu.

On apprend que le Potager Extraordinaire est en fait une association de Vendée, fondée dans les années 1990. Le potager se visite de juillet à septembre, et contient plus de 1 500 variétés de plantes potagères, exotiques et tropicales. Michel Pelé, cuisinier, est bénévole dans cette association : ce potager lui a donc donné de l’inspiration et il partage toutes ses idées avec nous dans ce livre. Les produits naturels, dont certains sont inconnus, sont mis en valeur dans cet ouvrage.

Dans la préface, l’auteur nous fait partager sa vision des choses, ses souvenirs, sa façon de cuisiner. De même, on retrouve des souvenirs de personnes de sa famille. Cette partie n’était pas vraiment obligatoire, je n’ai fait que la lire en diagonale, car elle n’a pas vraiment d’intérêt pour le livre…
A la fin de l’ouvrage, les adresses des différents producteurs chez qui se fournit Michel Pelé, ce qui est un vrai plus, même si on se limite à la Vendée. On sent que l’auteur aime sa région et les produits qu’il y trouve.

Dans ce livre, on a aussi un côté pédagogique : Pourquoi manger des fleurs ? Lesquelles manger sans que cela soit dangereux ? Comment cuisiner avec les huiles essentielles ? Pourquoi manger des algues ? Tout ça avec des chiffres et des explications scientifiques à la clé. On a même droit à la légende de Jack O’Lantern dans la partie des cucurbitacées. Michel Pelé explique pourquoi manger ce type de produit, quels en sont les bienfaits.

Je n’ai pas testé toutes les recettes, loin de là. Manger des fleurs, ce n’est pas trop mon truc 😉 Et puis, certains produits sont introuvables hors de la Vendée, et les vraies recettes sont donc irréalisables.
Par contre, certaines recettes sont très bonnes et très sympa à réaliser, comme par exemple le velouté de butternut ou encore le tartare de tomates. Les recettes sont simples à réaliser, ce qui est agréable. Chaque recette est accompagnée d’une photographie qui donne envie de la découvrir, et parfois d’images d’archives.

C’est donc un livre agréable, avec pas mal d’idées de recettes à piocher par-ci par-là ! 🙂

Documentaire, Livre

Le scénario Zero Waste

Le résumé : Le premier livre écrit par l’équipe Zero Waste France afin d’interpeller les décideurs politiques et économiques sur la nécessité d’une France zéro déchet, zéro gaspillage, les inciter à passer à l’action et démontrer à tous les citoyens que cette transition est possible.

Un mode d’emploi pour donner aux acteurs locaux les informations et conseils nécessaires à la mise en place de la démarche Zero Waste (zéro déchet, zéro gaspillage).

Un plaidoyer pour inciter les élus, les dirigeants d’entreprises et les citoyens à devenir acteurs de la réduction des déchets.

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Ne plus produire de déchets, ne plus gaspiller. Impossible? Il est vrai qu’on part de loin, dans les sociétés industrialisées : produits jetables, à usage unique, gaspillage alimentaire, continent de plastiques dans les océans… « Le scénario Zero Waste », ou « Zéro déchet, zéro gaspillage », incite à passer à l’action. Pour préserver la planète, mais aussi créer de nouveaux emplois et vivre mieux.

Passer à l’action oui, d’accord, mais… La politique environnementale, c’est celle de l’Etat, celle des collectivités. Zero Waste, c’est un concept global. Il s’adresse aux collectivités, mais aussi à nous tous. Il suffit de tourner les pages du livre pour arriver à la partie « Passer à l’action » et trouver la marche à suivre, même si on est un citoyen tout seul dans son coin.

Il faut savoir, explique le livre « démarrer petit » pour atteindre le zéro déchet. Et chacun peut agir, dans son foyer, dans son quartier. « Zero Waste » évoque, entre autres, une mesure qui aujourd’hui est entrée dans les moeurs de nombreux foyers : l’étiquette « stop pub » sur les boîtes aux lettres. Difficile de faire plus simple en effet. Réduction de l’utilisation du papier au bureau, partage de compost avec ses voisins, installation de fontaines à eau sur l’espace public : le livre « Zero Waste », fruit du travail collectif de l’association « Zero Waste France », montre le chemin en matière de réduction des déchets. A chacun d’y piocher une ou plusieurs idées d’actions.

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La Géopolitique des séries ou le triomphe de la peur

Voici le premier livre qui explique les émotions du monde par les séries télévisées. Au lendemain du 11 septembre 2001, la géopolitique a envahi non seulement le réel mais aussi nos imaginaires. Les séries sont devenues des références politiques tout autant que culturelles. Par la force de leurs intuitions, les scénaristes ne sont-ils pas les meilleurs analystes du monde contemporain ?

 

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House of Cards

En suivant la campagne pour l’élection présidentielle américaine, vous avez eu parfois une impression de déjà vu ? Une réminiscence ? Comme un arrière-goût de House of cardsOu de A la maison blanche ? Ce n’est peut-être pas tout à fait un hasard. De même que, si vous allez voir derrière l’histoire de Game of thrones ou de Homland, vous pourriez bien y trouver quelques situations mondiales actuelles, plus ou moins vraies, plus ou moins bien analysées. Et que se passerait-il si un pays, un seul, un pays fort mais non dominant, décidait de changer totalement sa politique environnementale ? Si un pays – et un seul – abandonnait le pétrole ? Une situation comme celle que dépeint la série  Occupied est-elle possible ?

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Downton Abbey

La géopolitique, Dominique Moïsi connaît. Cette fois, le politologue s’est penché sur La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur. Et c’est passionnant. Si vous êtes un fan de Downton Abbey, vous êtes-vous demandé ce qui vous plaît tant dans cette série anglaise, dans ces personnages du début du siècle dernier. Juste les relations entre les personnages ? Les bonheurs et les malheurs des Crawley, les malheurs de Mr Bates ? Ou est-ce le côté rassurant de ce monde ancien ?

En lisant La géopolitique des séries, vous vous le demanderez à coup sûr. De même que vous vous interrogerez : dans House of cards, qu’est ce qui vous plaît le plus ? Le cynisme des personnages ? Les apartés de Franck Underwood/Kevin Spacey ? Le rôle de Claire Underwood/Robin Wright ? Ou l’idée que, peut-être, ça se passe comme ça ?

Dominique Moïsi s’est attaché à quatre séries en particulier. Quatre séries qu’après avoir lu La géopolitique des séries, vous ne verrez peut-être plus tout à fait du même oeil, tout en les trouvant encore plus intéressantes.

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Game of thrones : les stratégies des 7 royaumes appliquées à la vie professionnelle

Surtout ne croyez pas que Game of thrones soit une histoire à mille lieues du monde des affaires : le Conseil restreint est une quasi-réplique des conseils d’administration actuels, les Marcheurs Blancs sont la menace rampante qui met en danger votre entreprise et Margaery Tyrell est cette ingénue fraîchement embauchée que vous ne pouvez plus ignorer…

Game of thrones management

Allez, avouez-le, il y a bien des jours où vous vient comme une petite envie de traiter un ou deux de vos collègues façon Game of thrones, non ? Bon, restons calmes et adoptons une attitude professionnelle et raisonnable. Il ne s’agit pas de trucider qui que ce soit, mais de transposer. Mais oui, transposer. Votre patron, c’est plutôt un Tywin Lannister ou une Daenerys Targaryen ? Non, ne ricanez pas. C’est ce que j’ai d’abord fait en lisant la quatrième de couv’ de Game of thrones : les stratégies des 7 royaumes appliquées à la vie professionnelle. J’avais tort.

Dès le premier chapitre, je me suis dit que transposer le médiéval/fantastique Game of thrones dans le monde du travail d’aujourd’hui, ce n’est finalement pas du tout une idée absurde. Parce que finalement, entre une Queen of the Andals (on vous épargnera les autres titres de Daenerys) Mother of dragons et un chef de service mère-poule, quelle est la différence ? Si on excepte les nombreux (et pas franchement jolis-jolis) dégâts collatéraux que compte la série, au fond, il n’y en pas vraiment, de différence. Les deux, la Mother of dragons et la mère-poule, fonctionnent sur le modèle du leader qui sert : son peuple pour Daenerys, ses subordonnés pour le chef.

Tim Phillips et Rebecca Clare, les deux auteurs de Game of thrones : les stratégies des 7 royaumes appliquées à la vie professionnelle, connaissent visiblement bien la série. A part eux, qui aurait pensé à comparer Steve Jobs et Tywin Lannister ? Ou à écrire un chapitre sur la nécessité de ne faire confiance à personne dans son entreprise en évoquant le complexe Petyr Baelish ? A rappeler qu’affaires et plaisir ne font pas bon ménage en se basant sur le couple Jon Snow/Ygritte ?

Bon, certes, tous les livres sur le management disent un peu la même chose et donnent tous un peu les mêmes conseils, mais là, en prime, nous voilà avec un Game of thrones décortiqué sous un angle nouveau et des exemples qui parlent mieux qu’un long discours. Ça peut servir. Et s’il vous prend soudain l’envie de jeter un de vos collègues par la fenêtre ou de jouer de l’arbalète en voyant passer au loin votre DRH, rappelez-vous : c’est interdit dans la vraie vie… Transposez. Et qui sait, peut-être un jour serez vous le roi dans votre entreprise ? 😉

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Islam de France, l’An I

Il ne faut pas faire d’amalgame entre l’islam, religion pacifique, et ceux qui tuent en son nom : c’est une chose entendue. Mais sait-on vraiment pourquoi ? Que dit l’islam sur la vie sociale, les relations avec les autres civilisations et, au-delà, sur la liberté de penser et d’agir ? Quelles sont, dans son histoire, les sources de l’errance de sa minorité folle ?
Mohamed Bajrafil, théologien et universitaire, ouvre ici l’ensemble des dossiers, pour traiter les maux contemporains à leur racine. 

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Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’un documentaire. Il s’agit d’Islam de France, l’An I, de Mohamed Bajrafil, un livre loin de mes lectures habituelles, lu dans le cadre de la Masse Critique de Babelio.

C’est un livre qui ne pourrait pas être plus dans l’actualité. Je l’avais mis dans ma liste Babelio surtout par curiosité. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi fin, et aussi facile d’accès. Il est facile de se perdre dans ce genre de sujet, ce que l’auteur n’a pas fait.

« Nous pouvons être pleinement musulmans et pleinement français, et ce, non par cette sorte de bonne volonté vague à laquelle trop de soi-disant représentants de l’islam de France nous appellent, mais au nom des principes les plus solidement établis de l’islam. (…) Nous sommes laïques et musulmans. Nous sommes laïques parce que musulmans ».
Cet islam, c’est celui que décrit Mohamed Bajrafil dans Islam de France, l’an I, dont est extraite cette phrase. 
J’ai accroché dès la première ligne à l’écriture de ce livre. L’auteur, professeur d’université à Paris et imam d’Ivry-sur-Seine, écrit très bien. Et ce qu’il dit est très intéressant. Islam de France, l’an I évoque, au tout début du livre dans un chapitre intitulé avec humour « L’islam pour les nuls », une religion aux courants pluriels. C’est sans doute, pour qui ne connaît pas du tout l’islam, un condensé utile. J’ai aimé cette première partie, où il nous apprend/rappelle ce qu’est le vrai islam, celui du Coran, et non pas celui que l’on veut nous montrer à la télé. L’islam qui fait peur. 

Mohamed Bajrafil y décrit un islam qui est une école d’autonomie et non une religion obscurantiste. Un islam source de fraternité et non d’enfermement. Dans cet essai bien construit, rien n’est laissé de côté. Ni le malaise des jeunes des banlieues, ni le port du foulard. Ni le regard que portent les musulmans sur l’Occident, ni les efforts à faire de part et d’autre pour se rencontrer vraiment. 

Mohamed Bajrafil ne veut pas nous imposer quelque chose, mais nous amène à réfléchir sur l’actualité, à nous faire notre propre opinion. Il souhaite partager sa vision des choses, en toute simplicité.
Et comme l’auteur est docteur en linguistique, c’est aussi une « leçon de mots ». Au fil de l’ouvrage, on croise aussi Houellebecq, les Lumières, Jacques Chirac… 

Pour tous ceux qui veulent comprendre la France d’aujourd’hui et appréhender celle de demain.

Je recommande donc ce livre facile d’accès, pour tous ceux qui se posent des questions sur cette religion.

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Le fils de Sam

« ETÉ 1977, BIENVENUE À NEW YORK : SA JEUNESSE. SES DISCOTHÈQUES. SON SERIAL KILLER ».
Été 1977. L’Amérique croit avoir tout subi : assassinat de JFK, émeutes, fiasco au Vietnam, crise économique. Meurtri dans sa chair et saigné dans ses ambitions, le pays est à genoux. New York aussi, soumise à une canicule sans précédent, au blackout et à son bourreau. 

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Etant une téléspectatrice assidue de la série Esprits Criminels, j’ai toujours été curieuse de savoir à qui les personnages de l’équipe du FBI faisaient référence en la personne du « Fils de Sam ». Je me suis donc attelée à la lecture de ce livre.

Le fils de Sam raconte comment David Berkowitz est devenu le tueur en série qui a effrayé les Etats-Unis à la fin des années 70.

J’ai mis pas mal de temps à lire ce livre. Par manque de temps, certes, mais pas seulement. L’ambiance de ce documentaire est très sombre, assez « poisseuse ».

C’est un roman très bien documenté, mélangeant à la fois les recherches de l’auteur, ainsi que des photos, et à la fois une immersion dans la tête de David Berkowitz, grâce à des extraits tirés du journal intime du tueur, avant qu’il ne devienne le serial-killer que tout le monde connait .