Album, Livre

L’Apachyderme

Guillerm collectionne les plumes, rêve de tipis et de bisons. Il est un apachyderme ! Les autres éléphanteaux se moquent de lui et les parents le trouvent un peu grand pour jouer à l’indien. Mais quoi de mieux qu’un indien pour vaincre les souris ?

Merci aux Editions La Palissade, ainsi qu’à Babelio pour l’envoi de ce livre dans le cadre d’une Masse Critique destinée à la jeunesse.

Un Apachyderme, qu’est-ce que c’est ? C’est là toute la question de ce très bel album jeunesse.

C’est l’histoire de Guillerm, l’éléphanteau, un pachyderme donc, qui se prenait pour un indien, un apache. Grâce aux jolies plumes qu’il récupère, il s’amuse. Oui, sauf qu’un éléphant, ça n’a pas de plumes, et qu’il détonne parmi le troupeau. Mais ça, il n’en a que faire et continue de se rêver en petit indien.

Cet album aborde différents thèmes tout au long de cette histoire. Tout d’abord, la différence : tout le monde se moque de lui, les autres espèces le regardent bizarrement, en restant cachés, et ses congénères le mettent à part car il est différent. Pourtant, notre petit éléphanteau ne s’en préoccupe pas le moins du monde. Au contraire, grâce à l’originalité de la personnalité de notre éléphant, il continue de se rêver en vrai apache. Il suit ses rêves même s’ils sortent de l’ordinaire. Le livre se termine sur une pointe d’humour, avec la présence d’un groupe de souris et d’un troupeau d’éléphants… Qui aura le plus peur ? La petite bête ou la grosse ? Suspense 😉

L’Apachyderme est un album original aussi par sa forme puisqu’il se lit à l’horizontal et non pas à la verticale comme d’habitude. On a donc souvent des images en doubles pages, ce qui amène une certaine facilité de lecture des images pour les enfants. De même, l’illustrateur Thanh Portal a pu s’en donner à coeur joie pour ainsi mettre en valeur le texte de Sandra Le Guen. Texte qui aborde plein de thèmes différents comme nous venons de le voir, en très peu de pages.

Les illustrations sont très sympas, colorées, pleines de pep’s. On a envie d’aller rêver avec notre petit éléphant, de retomber en enfance et de se prendre pour un indien 🙂
Les éléphants me font penser à un autre éléphant très connu de la littérature jeunesse : Pomelo, un éléphanteau à qui il arrive plein de petites aventures (de Ramona Badescu et Benjamin Chaud). 

Album, Livre

Armstrong, l’extraordinaire voyage d’une souris sur la Lune

Il y a bien des années, une petite souris apprit à voler et traversa l’Atlantique. Mais qu’arriva-t-il ensuite ? Une fabuleuse et fascinante expédition sur la Lune.

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Après le succès du premier volume des aventures d’une petite souris qui voulait voler, Torben Kuhlmann s’est lancé dans l’histoire d’une souris qui voulait aller sur la lune. Bien évidemment, l’auteur s’est inspiré du célèbre cosmonaute Neil Armstrong, ainsi que de son parcours.

On retrouve les mêmes couleurs que pour Lindbergh : des nuances de gris, de marron et de doré). On retrouve aussi la patte de l’auteur puisque ce sont les mêmes types de dessins, avec des petites souris attachantes et vraiment trop mignonnes. Les décors sont magnifiques, détaillés.

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Il y a toutefois quelques différences dans cette histoire : tout d’abord, Armstrong la souris parle, s’exprime, alors que ça n’était pas du tout le cas dans Lindbergh. J’ai trouvé que c’était à la fois négatif (cela n’apporte pas grand chose à l’histoire) et positif (cela amène un certain rythme au récit). Pour cette histoire-là, Torben Kulhmann met l’accent sur une des passions des souris, le fromage. Car oui, c’est grâce à lui qu’Armstrong part sur la Lune (enfin presque).

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On retrouve Lindbergh, notre première souris qui a bien vieilli. J’ai bien aimé le côté transmission, mais je l’ai trouvé trop peu exploité. Armstrong est une jeune souris inexpérimentée, rêveuse, qui s’inspire  beaucoup de l’aviateur, mais pour aller sur la lune, les choses semblent un peu compliquées.

La plus grosse des différences est surtout que l’histoire est beaucoup moins crédible que celle de notre souris aviatrice. J’ai trouvé que l’on se perdait un peu, et du coup, on est beaucoup plus dans une histoire imaginée que celle de Lindbergh, et cela m’a déçue. On sent que le livre est moins documenté, et on s’éloigne un peu de l’aviation pure et dure qui avait fait le succès du premier.

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Cependant, cet album reste ludique pour les enflants (et pour les grands). On apprend quelques petites choses, on a bien évidemment droit à « Un petit pas pour une souris… », et de nouveau, on retrouve à la fin de l’album des biographies des différents acteurs scientifiques et de l’aéronautique 🙂

Bref, un album à découvrir pour une grande aventure livresque, que ce soit les petits ou les grands ! 🙂

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Lindbergh, la fabuleuse aventure d’une souris volante

Il y a bien des années vivait dans une grande ville une petite souris très curieuse de nature.

Depuis quelque temps, la petite souris s’aperçoit combien il devient difficile de vivre en sécurité : le danger est partout dans la ville – les chats, les chouettes, les voitures. Et bientôt, plus une seule souris ne vit en ville. Où sont passées ses amies? La petite souris se prend à rêver d’ailleurs… l’Amérique. Et chaque nuit, elle imagine et construit de nouvelles machines volantes. Après bien des essais, un beau jour, la souris traverse l’Atlantique et atterrit à New York. Dans toute la ville, les exploits de la petite souris sont affichés. Un jeune garçon du nom de Lindbergh découvre avec fascination cette extraordinaire aventure, et se met à rêver à son tour.

Et si on réécrivait l’histoire de l’aviation…

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Lindbergh, la fabuleuse aventure d’une souris volante raconte l’histoire d’une petite souris qui vit à Hambourg en 1912 et qui souhaite rejoindre les siens, en Amérique. Pour cela, elle décide de se construire un moyen de transport… sauf que quand on est une souris, l’aventure se révèle plus compliqué que prévu.

J’ai connu l’existence ce livre signé Torben Kuhlmann car il a gagné le Prix Je Lis, J’élis 2016, élu par des CM1-CM2. C’est avec un certain intérêt que je me suis lancée dans cette lecture.

Pour commencer, ce qui m’a attirée, ce sont surtout les dessins magnifiques, remplis de détails. Les traits sont fins et précis. Le tout est agrémenté grâce à l’aquarelle de couleurs chaudes (marron, gris), qui nous montrent les conditions difficiles dans lesquelles la souris vie (la pluie, les bas-fonds de la ville, etc.). On trouve de nombreuses doubles pages qui nous permettent d’apprécier d’autant plus les illustrations.

Les animaux aux têtes bien rondes sont personnifiés car ils agissent un peu comme des hommes. Au-delà de la souris qui construit un avion, on trouve des chouettes qui lisent le journal. Les hommes ne sont que des personnages secondaires, silhouettes floues parmi les paysages.

Lindbergh s’inscrit comme un récit d’un voyage en préparation dans un monde nouveau, en pleine mutation, rempli de nouvelles machines comme les avions, les bateaux. 

Mais pourquoi Lindbergh ? Tout simplement parce que la souris que nous suivons est une souris intelligente qui voudrait voler comme sa cousine la chauve-souris. Par conséquent, elle crée des plans, puis se lance dans la fabrication. L’auteur nous montre toutefois les galères que rencontrent tous les inventeurs, les premiers échecs. D’autant plus que la petite souris se fait de nombreux « ennemis », pourchassée inlassablement par des prédateurs, les chats et les chouettes, ce qui ne l’aide pas dans l’avancée de son travail.

Cet album est construit comme une histoire à chapitres, avec des titres lors des avancées de la souris. Le texte reste plutôt court et adapté à un jeune public. Torben Kuhlmann utilise des mots de vocabulaire qui peuvent sembler un peu technique pour des enfants, mais qui permet d’enrichir leur vocabulaire en matière de mécanique. 

On trouve une brève histoire de l’aviation en fin d’album qui nous explique les prémices de l’aviation, les premiers hommes à avoir conçu les premiers engins volants. On apprend surtout qui était Charles Lindbergh, le voyage en avion qu’il a accompli de l’Amérique jusqu’en France, un voyage qui a largement inspiré ce très bel album 🙂

Album, Livre

Mes plus belles histoires de princesses de l’Antiquité

Des princesses, des dieux, des héros, … Des histoires passionnantes, adaptées et rendues accessibles aux enfants afin de leur faire découvrir les grands classiques de la mythologie grecque grâce à la plume passionnée de Roxane Marie Galliez et aux illustrations de la talentueuse Cathy Delanssay.

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Tout d’abord, je souhaite remercier Babelio et les éditions Hemma pour l’envoi de ce livre, à l’occasion de la Masse Critique Jeunesse.

Nous connaissons tous, plus ou moins, des histoires ayant eu lieu pendant l’Antiquité. Bien souvent, elles sont liées à la mythologie grecque, et aux dieux qui s’y rapportent. Et la mythologie, j’adore. C’est ce qui m’a motivée à mettre ce livre dans mes choix pour la Masse critique, plus que la première de couverture.

On retrouve dans cet album plusieurs princesses plus ou moins connues : Europe, Nausicaa, Danaé, Andromède, Lédra, Ariane, Atalante. Chaque princesse a son histoire courte bien à elle, bien mis en page. Cela peut permettre aux parents de lire à leurs enfants une histoire chaque soir sans difficulté. De même, les enfants peuvent lire à leur rythme, une ou plusieurs histoires à chaque fois.

Les histoires écrites par Roxane Marie Galliez reprennent les grands textes anciens d’auteurs tels qu’Homère. Elles sont bien évidemment simplifiées et adaptées au niveau des enfants de 5-9 ans. Il n’y a pas trop de détails qui pourraient les perdre, le vocabulaire est simple, c’est appréciable. Je ne connaissais pas vraiment les personnages de Lédra et Atalante, et même si je sais que c’est adapté, j’ai apprécié d’en apprendre plus sur ces princesses.

Les illustrations de Cathy Delanssay sont belles, mais un peu kitschounettes à mon goût. Il y a beaucoup de couleurs, de belles princesses façon Disney, des décors plutôt simples. De quoi ravir les petites filles 🙂

Album, Coup de Coeur, Livre

Glouton, le croqueur de livre

Glouton, le croqueur de livres, a grignoté un trou pour s’enfuir de son livre. Maintenant, il sème la pagaille dans les autres histoires. Vite ! Il faut le rattraper ! 
Un album plein de surprises, avec des livres dans le livre, des découpes, et un petit monstre en fuite !

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Une fois n’est pas coutume, mon avis sur un album jeunesse… un coup de coeur ! 🙂

Glouton est un monstre tout jaune et tout mignon, un croisement de Pacman et de Bob Razowski (Monstres&Cie). Mais si c’est un monstre mimi en apparence, on se rend compte qu’en fait, c’est un vilain : il mange tout et n’importe quoi. Et en ouvrant la porte de sa prison, on vient de le libérer… Oups ! 

On suit Glouton au fil des pages, le cherchant (façon Où est Charlie ?), essayant de le rattraper pour le remettre en cage, avant de se rendre compte qu’il est déjà arrivé loin. Mais il trouve une bibliothèque, et lui les livres, c’est son pêché mignon… c’est le début de la fin.
On croise au fil de l’album des contes comme Boucle d’Or et les trois ours, ou encore Le Petit Chaperon rouge, dans lesquels notre personnage met le bazar et laisse des traces, changeant l’histoire à jamais.

C’est un livre plein de malice qui fait rire petits et grands. J’ai adoré. Le fond et la forme. J’ai beaucoup aimé suivre le petit monstre jaune tout au long de l’album. Le principe des contes détournés m’a plu, de même que leur présentation (des livres dans le livre). Cela donne envie de se replonger dans les contes classiques !
De même, le lecteur est un acteur de l’histoire et on se prend rapidement au jeu ! 

Glouton retournera-t’il dans sa cage ? A vous de le découvrir 🙂

Album, Livre

Mémoire d’éléphant

Un jour, il y a eu les bombes et le poison. Puis la fuite et l’installation provisoire dans un nouveau pays. On se serre les coudes, on essaie de s’adapter à sa nouvelle vie. Et puis un jour on se rend compte que les parents travaillent pour se venger, frapper plus fort qu’ils n’ont été blessés. Mais quelle sera l’ampleur de la riposte suivante, alors ?

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Merci à Babelio et à Alice Jeunesse (et à Virginie pour son gentil mot) pour l’envoi de ce livre dans le cadre de la Masse Critique jeunesse.

C’est la couverture de cet album qui m’a donné envie d’en savoir plus. Ce crayonné d’éléphant, avec une mignonne petite bouille et ses grandes oreilles, m’a attirée. Les dessins de Gwendal Blondelle sont simples, sans couleurs, sans retouches, mais c’est ce qui est le plus réussi dans cet album.

L’histoire aussi m’avait attirée. On y parle d’embrigadement, de différence, de résistance, d’espoir. C’est la guerre (la 1ère ou la 2e Guerre Mondiale, qu’importe) et le monde est moche. Les bombes tombent sur les villes, tuant, effrayant la population. Les habitants fuient, et c’est aussi le cas de notre petit éléphant. Arrivé dans un autre pays, il se retrouve séparé de son père, qui doit partir travailler dans une usine. Lui est confié à une école militaire, où la vie est loin d’être drôle.
J’ai trouvé l’histoire un peu légère : le texte est un peu trop court à mon goût, avec pas assez d’explications. Je ne suis pas sûre que les enfants comprennent toute la portée de l’histoire. Elle permet toutefois de parler avec les enfants d’un thème peu évident à aborder : la guerre et tout ce qui l’entoure.

On a une jolie conclusion, qui reste classique (l’importance du souvenir) mais comme c’est un livre pour enfants, c’est une jolie fin, pleine d’espoir et d’amitié ! 🙂