Album, Coup de Coeur, Livre

Duel au soleil

Un Indien et un cow-boy s’apprêtent à se livrer un duel. Mais les incidents et les imprévus se succèdent, obligeant le duo à reporter le combat au lendemain.

Duel au soleil est un album destiné à la jeunesse, mais peut être aussi bien lu par les adultes ! J’ai eu un petit coup de cœur pour lui ! 😀

Ça commence avec des balles de foin qui passent dans un endroit désertique. Puis un indien et un cow-boy qui s’observent. Que va t-il se passer ? Le suspense est entier…

Et c’est là toute la question de Duel au soleil. Car un duel, ce n’est pas si facile que ça à faire. Surtout quand des éléments perturbateurs extérieurs viennent sans cesse déconcentrer nos deux personnages.

C’est un album qui est en fait rempli d’humour ! Le texte est épuré et ce sont les illustrations qui  font presque tout le travail. Et ça marche ! J’ai lu ce livre comme on regarde un western, attendant la fin de ce duel avec impatience.

Qui aura le dernier mot ? Je vous laisse le découvrir ! 🙂

Cet album jeunesse a reçu la Pépite du livre illustré au salon de Montreuil en 2018 !

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Coup de Coeur, Livre, Roman jeunesse

La Nouvelle

« Je vous présente une nouvelle élève, annonça le prof, elle s’appelle Haya. Elle vient de Syrie… » C’est drôle, songea Gabriel, il y a des gens qui attirent l’attention sans qu’on sache pourquoi… Cette fille, il ne la connaissait pas, mais elle l’intriguait à cause de ses yeux graves et la manière dont elle relevait fièrement le menton comme un défi…

La Nouvelle est un court roman destiné aux jeunes, signé Cassandra O’Donnell. On est loin de ses romans habituels, qui font pour la plupart partie d’un univers de fantasy ou de fantastique.

Dans ce petit roman, Haya, 12 ans, est la nouvelle de sa classe. Il s’agit d’une réfugiée qui a fui, avec sa famille, son pays en guerre, la Syrie. Elle va faire la connaissance de Gabriel, un de ses nouveaux camarades de classe et ensemble ils vont rapidement tisser des liens d’amitié.

C’est un roman auquel tient l’auteur. Celui-ci est foncièrement différent de ses autres écrits, car il s’agit d’une histoire d’aujourd’hui, actuelle, qui pourrait arriver à n’importe quels enfants obligés de quitter leur pays en crise, en guerre. Les drames qu’ils y vivent, les souvenirs horribles sont toujours présents et gravés dans leur mémoire.

On se trouve à Plougalec, petite ville de Bretagne. Haya et sa famille ont été obligés de fuir leur pays. Sinon, c’était la mort assurée pour eux. Son père, Amin, étant médecin, ils ont pu partir se réfugier en France.

On se rend compte qu’Haya, bien qu’elle n’ait que 12 ans, est un personnage très mature. Elle a vu et fait des choses qu’elle n’aurait jamais dû voir et faire à son âge. Désormais, elle doit aujourd’hui faire face aux quand dira-t’on, aux préjugés, à la peur de l’autre. Ses camarades de collège éprouvent une sorte de peur face à elle, une étrangère, qu’ils montrent en étant agressifs, méchants, et en tenant des propos limites haineux.

Gabriel, quant à lui, vit dans une famille plutôt tolérante. Sa grand-mère et ses parents lui ont inculqué les bonnes manières et une certaine empathie pour les autres. Grâce à cela, il va rapidement s’attacher à Haya et devenir son ami, sans préjugés aucun sur la jeune fille et sa famille. Au contraire, il va découvrir une culture qu’il ne connait pas.

La grand-mère de Gabriel trouve aussi une place importante dans cette histoire. Elle cache son passé à sa famille et la présence d’Haya lui rappelle ce passé douloureux. Des choses qu’elle avait gardé enfouis profondément et qui ressurgissent.

On trouve l’idée de solidarité et de tolérance dans cette histoire, ce qui fait du bien. Pourquoi détester ces personnes alors qu’ils ne veulent juste pas mourir dans leur pays ? A leur place, on aurait sans doute fait pareil. Alors pourquoi leur compliquer la vie en sachant que c’est déjà assez difficile pour eux ?

« Ils ne veulent pas de nous… ils pensent qu’on est venu ici pour de mauvaises raisons, ils croient que nous avons le choix… mais le seul choix qu’on a fait, c’était celui de ne pas mourir… » p. 60

Ce livre est un appel à la tolérance et à l’ouverture des autres. On vient tous de quelque part, on a tous des origines différentes, une culture ou une religion, mais au fond, on est tous pareils. On aspire tous à la même chose : au bonheur et à la paix, loin des horreurs de la guerre. Et ça La Nouvelle nous le montre parfaitement.

« Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va » p. 114 (Otto von Bismarck)

C’est un roman d’à peine 120 pages, mais il s’est passé quelque chose avec cette histoire. Elle m’a émue, collé des frissons et surtout m’a fait sourire à la fin. Les personnages sont attachants mais il n’y a pas que ça. C’est une histoire percutante, intelligente, qui nous touche, et qui en plus est bien écrite. Une histoire que chaque enfant devrait lire et découvrir ! 🙂

BD, BD & Mangas, Coup de Coeur, Livre

Globules & conséquences

La vie de Catherine, illustratrice, bascule le jour où on lui diagnostique une leucémie aiguë : une forme de cancer très grave qui s’attaque au système immunitaire. Elle qui n’avait jamais été vraiment été hospitalisée se retrouve alors propulsée dans le monde des grands malades et découvre la vie en hôpital. C’est un véritable parcours du combattant qui s’annonce… Les analyses, l’attente des résultats, les séances de soin, le corps qui se transforme, la perte des cheveux, ses relations avec le corps médical, le soutien de son compagnon et de ses proches, le retour à la vie normale, le regard des autres…

Je savais en commençant Globules & conséquences, petite histoire d’une leucémie que j’allais être émue et touchée.

Cette histoire, c’est celle de Catherine Pioli, illustratrice freelance. Alors qu’elle n’a que 32 ans, elle apprend qu’elle est atteinte d’une leucémie aiguë. Pourtant, elle a des chances de s’en sortir. Commencent pour elle les traitements et les visites à l’hôpital…

J’a été frappée par la force des dessins de Catherine Pioli. Ils sont beaux, colorés. Bref, positifs. Et ce qui marque vraiment ce roman graphique, c’est l’optimisme et le positivisme.

On suit pourtant l’auteur dans son quotidien, ses douleurs, les lourdes procédures de l’hôpital face à sa maladie. L’isolement, la perte de poids impressionnante, mais toujours l’envie de vivre.

Elle a voulu faire un côté plus pédagogique avec des pages explicatives (ce qu’est cette maladie, comment on tente de la soigner) très bien fait, et un message important : le don de moelle osseuse est essentiel.

Je vous laisse découvrir la fin de cette BD marquante et très émouvante ! 🙂

Coup de Coeur, Livre, Roman ado, Roman jeunesse

Sept roses rouges pour Rachel

Elena est furieuse. Elle doit suivre sa mère dans un village paumé d’Italie pour régler une affaire de famille au lieu de faire la fête avec son amoureux musicien et ses amies. 
La nonna Rachel, mère de sa mère, est décédée, et il faut vider la maison. Sur place, les affaires se compliquent, les entrepreneurs refusent de s’en occuper, prétextant qu’elle est hantée. Pour tous les villageois, Rachel était un peu spéciale, parfois, on l’apercevait danser seule la nuit au bras d’un cavalier invisible…

Un grand merci aux éditions La Joie de Lire et à Babelio pour l’envoi de ce livre dans le cadre de la Masse Critique Jeunesse !

Comme d’habitude, pour la Masse Critique, le choix est énorme : choisir plusieurs livres pour au final en recevoir un seul. J’avoue que j’ai choisi Sept roses rouges pour Rachel tout à fait par hasard. Je n’ai lu aucun livre de Marie-Christophe Ruata-Arn, ni de livre de cet éditeur. Pourtant, il s’est passé quelque chose : la couverture, ni belle ni moche, m’a parlé. Et à la lecture du résumé, j’ai été emballée.

A la réception du livre, j’ai été un peu surprise. Je ne m’attendais pas à un roman, mais à un album destiné à des grands. Mi-figue mi-raisin, j’ai entamé ma lecture.

Et là, le coup de foudre ! Une histoire prenante, une jolie écriture, bref le duo gagnant.

Italie. De nos jours. Elena vient de rater son bac. Comme punition, sa mère Virna l’emmène avec elle en Italie, dans un tout petit village paumé au milieu de rien. Autant dire que l’adolescente est furieuse. Sa grand-mère est décédée et Virna est venue finir de vider la maison de la nonna dans le but de la raser. Sauf que personne au village ne semble vouloir approcher de la maison. Une malédiction semble effrayer toute la population…

C’est une magnifique histoire d’amour que nous raconte-là Marie-Christophe Ruata-Arn, oscillant entre réalité et fantastique !

Elena va se rendre compte qu’elle ne connait que très peu sa nonna et la vie qu’elle a mené. C’est Tita, le fantôme qui hante la maison de Rachel, qui va peu à peu révéler certains éléments. 
Ces éléments sont donnés au compte-gouttes tout au long du roman, ce qui pousse le lecteur à aller toujours plus loin.

En parallèle de ça, Elena vit sa vie d’adolescente. Elle tente d’organiser sa vie sociale pour l’été à venir, mais n’obtient bizarrement aucune réponse de ses copines et de son petit-ami Arthur.
En Italie, elle retrouve un ami d’enfance plutôt adorable, Matteo, qu’elle n’a pas vu depuis des années. Mais rien de bien passionnant ne se passe jamais dans ce village. Alors lorsqu’une histoire de fantôme pointe le bout de son nez, Elena va s’impliquer autant qu’elle le peut.

Elena a certains côtés agaçants : elle ne sait pas ce qu’elle veut, quitte à faire tourner en bourrique le lecteur. Elle n’en fait qu’à sa tête, n’écoute personne. Mais c’est une adolescente de 16 ans qui a perdu ses repères, et on peut donc la comprendre. Elle essaye de toutes ses forces de sauver son fantôme, Tita. Mais avec les adultes peu compréhensifs qui l’entourent, les choses ne sont pas faciles pour elle.

Et puis il y a toujours, en fil rouge, cette belle histoire d’amour, ce qui adoucit les choses. J’ai adoré la découvrir ! Elle est servie par une écriture fluide et facile à lire.

Je vous recommande cette lecture inattendue qui vous mènera en Italie, au milieu des rizières, dans un tout petit village où se passent des choses bien étranges ! 🙂

Coup de Coeur, Documentaire, Livre

La Meilleure des vies

L’auteur a été invitée à prononcer le fameux discours de remise des diplômes aux étudiants de Harvard en 2008. J.K. Rowling a transformé ce rite de passage d’ordinaire convenu en une leçon de vie, conduisant son auditoire de l’époque, et tous les lecteurs futurs de ce livre, à méditer sur ce qu’est une vie réussie.

Le nouveau livre de J.K. Rowling n’est pas un roman, ce qui est étonnant. C’est, en fait, le discours qu’elle a prononcé en 2008 face aux étudiants d’Harvard, lors de la cérémonie de fin d’année.

Je vous avoue qu’en refermant ce livre, j’ai fait « waouh ! ». C’est un discours vraiment inspirant.

Au début, elle émet ses doutes pour ce discours. De quoi parler aux étudiants ? Le stress que cela entraîne. Qu’en retiendront-ils ?

Puis, le discours se divise en deux parties : le pouvoir de l’imagination et l’échec. J.K. Rowling partage avec les étudiants son expérience de la vie, ses propres échecs et ce qu’il en a découlé.
On connaît tous, si on est fan de Harry Potter, ou qu’on s’est intéressé à la vie de J.K. Rowling, sa vie difficile : les petits boulots, un mari violent, un mariage qui ne tient pas, ou encore le fait d’être une femme célibataire devant élever sa fille seule.
Pourtant, on ne connait pas vraiment son passé d’étudiante en littérature. Elle l’évoque ici. On apprend aussi qu’elle a travaillé pour le département d’études africaines au quartier général d’Amnesty International, une expérience qui l’a beaucoup marquée. On apprend aussi qu’elle n’était pas destinée à faire des études de littérature : ses parents n’étaient pas d’un milieu aisé et d’un commun accord, ils avaient décidé qu’elle ferait des études de langues. 

Bref, j’ai trouvé ce discours, bien que défaitiste par moment, des plus inspirants. De plus, du négatif, elle arrive à sortir du positif. Son parcours en est la preuve. De la vie sort le pire mais aussi le meilleur. Il faut juste être patient et prendre les opportunités quand elles viennent. J.K. Rowling nous apprend que la vie est faite de douleurs, mais que sans ces douleurs, on n’apprend pas grand chose.
De plus, elle aborde, avec un côté un peu plus philosophique, que nous avons le pouvoir de changer la vie des autres, de faire preuve d’empathie. Nous interagissons tous les uns avec les autres et nos actions ont toujours des conséquences. Elle s’est basée sur les écrits de Plutarque et en a gardé cette citation, qu’elle utilise :

« Ce que nous accomplissons à l’intérieur transforme la réalité extérieure  » (p.63)

Je vous conseille la lecture de ce très beau livre, illustré avec goût et bien écrit. Il se lit très vite, mais c’est avec plaisir que je le relirai ! 🙂

BD & Mangas, Coup de Coeur, Livre, Manga, mangas

Reine d’Egypte

C’est le début d’une nouvelle ère dans l’Égypte des pharaons : le mariage de la jeune Hatchepsout et de son demi-frère Séthi fait de ce dernier l’héritier légitime du trône, sous le nom de Thoutmosis II. Représentants des dieux sur terre, ils resplendissent sous leurs parures et forment à première vue un couple parfait. Seulement, sous ses airs d’épouse idéale, Hatchepsout cache une colère profonde… Elle ne veut pas être simple reine, mais plutôt devenir pharaon elle-même, comme son guerrier de père ! Enfant, elle ne cessait d’humilier Séthi au combat à l’épée, et elle est imbattable au tir à l’arc. Pourquoi ne serait-elle pas digne d’accéder au rang suprême, juste parce qu’elle est née femme ? Pour Hatchepsout commence alors un combat pour s’affranchir des conventions ancestrales d’une des plus grandes civilisations du monde !

Chie Inudoh a décidé de s’intéresser à l’histoire de la première des plus grandes reines d’Egypte : Hatchepsout. Grâce à l’auteur, on découvre la jeunesse de la reine, son accession au trône et surtout son obsession : devenir l’égale d’un homme, elle qui est née dans un corps de femme et ne peut donc rien accomplir.

Aventureuse, intelligente, fière, généreuse et indépendante : ainsi apparaît Hatchepsout. Chie Inudoh nous dépeint un formidable portait féministe de cette reine :

  • Aventureuse, elle l’est tout d’abord car elle souhaite se rendre sur le terrain, aux côtés des soldats.
  • Intelligente, elle le prouve tout au long de ce premier tome : elle manie la ruse comme personne au palais, et montre tout son intérêt pour le peuple égyptien.
  • Généreuse, elle essaye de l’être autant qu’elle peut en essayant de s’occuper des personnes qui l’entourent.
  • Fière et indépendante, car même si elle s’est mariée avec son demi-frère qui est un abruti total, elle réussit à se détacher de lui afin de mener sa propre existence au palais royal.

Arbres généalogiques, liens avec les dieux, pyramide des castes, flash back, moitié documentaire, moitié narrative, tout est fait pour que l’histoire soit pédagogique tout en restant intéressante. Une histoire qui est tout de même romancée. Est-ce que tout est vrai ? Aucune idée, mes connaissances en Egypte antique sont assez limitées, mais certains éléments se rapprochent de la réalité telle que la dépeignent les historiens.

Au-delà de l’histoire très bien amenée, c’est un manga magnifique que nous apporte là Chie Inudoh. Il n’est d’ailleurs pas sans rappeler un autre manga des éditions Ki-Oon, Bride Stories, avec le même souci du détail. Les personnages sont magnifiques, les décors très travaillés, et on a presque l’impression de partir en Egypte.
L’objet-livre lui-même est beau, avec une jaquette que l’on pourrait presque prendre pour du papyrus.

Ce premier tome de Reine d’Egypte est pour moi un coup de coeur, et j’attends avec impatience la suite (au mois de juin) ! En attendant, je pense me renseigner un peu sur Hatchepsout, cette formidable reine qui a régné il y a bien longtemps 🙂