Beaux Livres

Steampunk, vision d’un autre futur

Steampunk… Le mot convoque tout un monde d’hommes distingués et de femmes élégantes, capitaines des airs, brigands patibulaires, enfants des rues, tenues fleurant bon le Far-West américain ou l’Angleterre victorienne, engins droit venus d’un univers à la Jules Verne. Les machines prolifèrent, la vapeur jaillit en sifflant, le métal et le cuir habillent une technologie où le paranormal rencontre la science-fiction.
Et cet ouvrage, rassemblant les oeuvres d’une quarantaine d’artistes du monde entier, est aujourd’hui la vitrine incontournable de cet univers qui s’est fait une place de choix dans le cinéma populaire des dernières décennies –Sherlock HolmesLa Ligue des gentlemen extraordinairesHellboy– et dans l’esthétique rétrofuturiste de jeux vidéo qui ont bercé toute une génération, tels Final Fantasy et Bioshock.
Rappelant que la création graphique est la meilleure vitrine de la perpétuelle mutation dont fait preuve le steampunk, Kevin Mowrer signe une introduction qui explore les origines et les évolutions de ce genre, forgé au départ par quelques auteurs de fiction visionnaires.
Cet ouvrage constitue une galerie d’art incontournable regroupant tout l’univers esthétique foisonnant du steampunk mondial.

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Le steampunk, késako ? Au départ, le steampunk désignait un groupe d’auteurs (punks) qui situaient la science-fiction à la fin du XIXe siècle, sous l’ère néo-victorienne. Et qui dit fin du XIXe, dit Révolution Industrielle, d’où le steam (vapeur). C’est devenu un vrai genre littéraire, au début du XXe siècle. Jules Verne en est le grand inspirateur.
Aujourd’hui, le steampunk est aussi bien utilisé dans la littérature d’anticipation, que dans la fantasy ou le fantastique. C’est surtout l’occasion de mettre du futur dans le passé.
Et surtout, certains vivent aujourd’hui steampunk, créant des cosplay et toutes les machines folles qui vont avec. C’est un art de vie, une passion.

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Le steampunk n’est pas une esthétique de niche […] : c’est un monde d’idées et d’inventions enfanté par une créativité qui se nourrit de l’apport de l’autre, qui recycle et sublime les produits de la culture de masse. (p.7)

Je trouve le steampunk fascinant, à la fois très visuel et très esthétique. Voir les rouages, ou engrenages, tourner alors qu’aujourd’hui tout est lisse, tout est caché, ça me plait. De même, toutes les machines créées sont souvent belles et pleines d’ingéniosité.

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Et quand on regarde de plus près, ce style s’est insinué un peu partout : télévision (Dr Who, Murdoch, etc.), cinéma (Hellboy, Jack et la Mécanique du coeur, Le Château ambulant, Steamboy, etc.), dessins animés (FullMetal Alchemist, One Piece, etc.), BD (Le Château des étoiles, etc.), jeu-vidéos (Final Fantasy, Syberia, etc.).

Le steampunk inspire les artistes, et c’est justement l’objet de Steampunk, Visions d’un autre futur : 31 portraits d’artistes à travers le monde. Ce livre magnifique présente, sous forme de courtes biographies, les artistes clés de ce style. On y trouve plusieurs de leurs oeuvres réunies. Chacun son style, chacun son univers, chacun sa vision des choses.

« Le steampunk […] « c’est bien plus que des engins et des binocles, c’est un regard neuf qui déconstruit et reconstruit les choses. »  » (p.56)

Et on peut dire que c’est réussi ! Ce livre est franchement magnifique. Mis à part quelques romans lus dans un univers steampunk (Victorian Fantasy, Leviathan, New Victoria, Voraces), et quelques photos regardées sur le web, je ne connaissais pas trop cet univers. Pourtant, il me fascine. Alors à peine le livre ouvert, j’ai été embarquée pour un voyage merveilleux à travers le temps.

Une introduction nous explique ce qu’est le steampunk, en quoi il consiste. Puis, c’est parti pour l’aventure !
Dans les petites bio, les auteurs de la Terre entière expliquent leur technique de travail (crayon, encre et/ou numérique), on apprend comment ils en sont arrivés à travailler sur ce style bien particulier. C’est bien écrit et intéressant. Les bio sont ensuite accompagnées d’oeuvres de chaque artiste. Le tout est magnifié par un papier de qualité et une très belle mise en page.

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Beaux Livres

La Belle et le Fuseau

À la veille de son mariage, une jeune reine décide de quitter son palais pour aller délivrer une princesse prisonnière d’un sortilège de sommeil. Elle laisse sa robe de mariée, revêt sa cotte de maille, se pare de son épée et enfourche son cheval. Entourée des nains qui l’accompagnent et la protègent, la reine traverse un tunnel sous la montagne et avance vers le royaume endormi. Bientôt, un château apparaît dans le lointain. Ses murs sont recouverts de ronces et de toiles d araignées et, dans le donjon, repose la princesse aux lèvres rouges comme les roses. Mais qui sait, peut-être que dans ce conte-là, la princesse n’est pas celle qu on croit, et qu’une reine donnera un baiser à une belle endormie…

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La Belle et le Fuseau m’a tout de suite accroché l’oeil en magasin ! Sa jaquette en papier calque, associée aux dessins de Chris Riddell rendait ce livre irrésistible. Et puis quand j’ai vu que le texte était de Neil Gaiman, j’ai craqué 😉

La Belle et le Fuseau est une réécriture, inspirée de différents contes populaires : La Belle au Bois dormant, ou encore Blanche-Neige. L’auteur utilise les codes de la fantasy, style dans lequel il excelle, avec notamment la présence des nains.
Neil Gaiman a toutefois décidé de rester dans le conte classique (la construction est la même), mais modernisé. On y trouve, par exemple, des zombies qui sont tellement à la mode.

Il y a quelques surprises dans ce livre auxquelles on ne s’attend pas forcément, ce qui rend l’histoire plutôt intéressante.

La vraie force de ce livre réside toutefois dans ses illustrations. Chris Riddell l’illumine grâce à des dessins à couper le souffle, à la fois délicats et complexes, on en prend plein les yeux. Le travail, tout en noir et blanc, est énorme ! On voit les traits de crayon, leur précision. Et puis par moments, dans certaines pages, on trouve un peu de doré qui rehausse le tout. C’est beau, on prend le temps d’admirer le résultat !

Beaux Livres

La Déclaration universelle des droits de l’homme illustrée

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme…
Un texte fondateur, dont tout le monde connaît le titre, mais qui peut se vanter de l’avoir déjà lu, et surtout, saisi en profondeur ?
Cet ouvrage se propose de relire ces 30 articles capitaux à la lumière d’illustrations qui rappellent, dans le contexte actuel, l’importance et la force de l’image.

30 artistes contemporains illustrent et donnent corps à ce texte essentiel, pilier de notre patrimoine universel.

En fin de livre, une réflexion d’hommes de lettres ou de penseurs d’hier et d’aujourd’hui pour ainsi perpétuer la lutte contre les obscurantismes : Victor Hugo, Albert Camus, Voltaire, …

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J’ai reçu La déclaration universelle des droits de l’homme illustrée dans le cadre de la masse critique spéciale de Babelio.

A ce petit livre (même pas 100 pages) était jointe une lettre de Fabienne Kriegel, directrice générale des Editions du Chêne. Pour elle, ce livre est la réponse que l’on peut donner aux terroristes : « une réponse culturelle contre la barbarie« . La date de sortie du livre a été avancée, suite aux attentats du 13 novembre 2015. Une nouvelle édition verra le jour en grand format en janvier 2016 (date initiale de sortie) sous le titre Rien à déclarer ? Si ! Les droits de l’homme.

Les Editions du Chêne éditent en général des beaux livres, et c’est pourquoi une trentaine d’artistes plus ou moins connus du grand public ont été choisis pour illustrer la Déclaration universelle. Et on peut dire que c’est réussi.

Certaines images sont belles, d’autres remarquables, et d’autres sont dérangeantes. Elle accompagnent chacun des articles de 1948.

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En lisant les différents articles (que l’on n’a que rarement l’occasion de découvrir) et en regardant les différentes illustrations, on se rend compte qu’il y a encore du travail. Les hommes sont loin d’être égaux, et leurs droits sont parfois bafoués.

« Ce livre est à mettre entre toutes les mains, il doit circuler en tous lieux […]. Il est notre bouclier contre la barbarie. Il est un outil pour lutter contre les idées qui font perdre toute humanité ».

On découvre à la fin du livre les biographies des trente auteurs. On découvre aussi des extraits de discours, de textes d’hommes de lettres. Et tout ça pour combien? Le prix du livre est dérisoire (2€90) : pas de quoi se ruiner ! 

Beaux Livres, Coup de Coeur

Facéties de Chats

Oublié le chat ronronnant sur les genoux de mémé à longueur de journée ! Balayé le matou se lustrant le poil de l’aube au couchant, jusqu’à briller comme un diamant !

Les héros moustachus de cet ouvrage ont du caractère, des envies, des manies … une vie intérieure ! Ils se posent des questions, ne retombent pas toujours sur leurs pattes, ont des avis bien tranchés et de l’ambition.

Sous forme de poèmes illustrés, ces portraits drôles ou tendres, largement imprégnés d’humour noir, vous présentent d’étranges spécimens …

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De retour du Salon du livre de Brive où il faisait beau, chaud, et où il y avait énormément de monde ! 🙂

Je suis ravie de cette « expédition », car j’ai rencontré plein d’auteurs. Evidemment. J’y allais un peu pour ça quand même… Bon, passons sur les inaccessibles-sauf-si-tu-veux-faire-la-queue-pendant-trois-heures ou les pas-là-quand-je-suis-passée, vu le nombre d’écrivains au mètre carré, il y avait de quoi faire.

Parmi les auteurs présents dès vendredi soir, il y avait Sébastien Perez, co-auteur de Facéties de Chats. Benjamin Lacombe arrivait le lendemain, donc je n’ai pas eu le droit à une dédicace dessinée (ses dédicaces sont personnalisées : j’en avais décroché une il y a quelques temps à Limoges. Un lapin trop mignon). Tant pis pour moi ! 😉 Mais j’ai eu droit à une dédicace écrite et à un super joli badge 😀

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Oui, ceci est un badge 😉 Et il est beau!!!

Facéties de Chats rassemble 15 histoires de chats malins et taquins. Les auteurs se sont amusés à deviner, à imaginer, ce que nos amis les bêtes font lorsque nous ne sommes pas là. Car oui, que font nos amis les bêtes une fois que nous avons le dos tourné, que nous dormons, bref, que nous vivons notre vie ? 🙂

Chacune de ces histoires est racontée du point de vue du matou (sauf une). Sous forme de poésie, on suit les aventures de ces adorables petites bêtes. Les textes sont plein d’humour, et souvent, on sent le vécu. Chaque poème est accompagné de sa magnifique illustration, et du portrait du chat.
Toutes les races y passent, les dessins de Benjamin Lacombe sont toujours aussi beaux. On retrouve la patte de l’auteur, qui a réussi, comme à son habitude, à inclure un de ses animaux (Virgile en l’occurrence).

Les deux auteurs réussissent de nouveau à combiner leur talent à merveille, pour notre plus grand bonheur. On s’émerveille à chaque page devant tant de beauté, autant pour les illustrations que pour les textes. J’aime, j’adore, c’est un coup de coeur, surtout quand l’oeuvre en question parle de mon animal préféré 😛

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Beaux Livres

L’Herbier des Fées

L’Herbier des Fées est le carnet intime d’un éminent botaniste russe. Détaché du cabinet des sciences occultes de Raspoutine, ses recherches le mènent en 1914 en forêt de Brocéliande, célèbre pour ses plantes médicinales et ses légendes. Ce qu’il découvre dans ces bois va bouleverser sa vie à jamais.

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C’est toujours un plaisir de rentrer dans un livre de Benjamin Lacombe (qui est ici accompagné de son compère Sébastien Pérez).

On suit (ou du moins on tente) Aleksandr Bogdanovitch, un botaniste russe envoyé en France par Raspoutine, pour le compte du tsar Nicolas II. Le livre est écrit sous forme d’un journal intime ou d’un carnet de bord, mais aussi d’un herbier, avec des découvertes toutes droit sorties de la forêt de Brocéliande, en Bretagne.

C’est une invitation au voyage et à la découverte, au merveilleux, puisqu’on arrive dans un monde féérique, magique. Un monde secret dans une forêt qui tire son pouvoir de nombreuses légendes.

A chaque page tournée, on en prend plein les yeux, avec des dessins à couper le souffle. Des pages découpées finement, des pages en papier calque, d’autres divisées en correspondance entre Bogdanovitch et Raspoutine ou Bogdanovitch et Irina (sa femme), des coupures de journaux, avec toujours en toile de fond des affiches… C’est très varié, on ne s’ennuie jamais.

Le mieux est sans doute le fait que l’on y croit, que cela aurait pu être réel, tellement c’est bien fait.

Ce livre est riche de tout : de beauté, d’histoire, de nature. C’est un vrai ravissement.