BD & Mangas, Manga, mangas

Double Je

Nobara et Kotori sont des sœurs jumelles que tout oppose. La première est plutôt espiègle, la seconde une fille sage. Mais deux terribles drames vont venir bouleverser leurs vies… Surtout de l’une d’entre elle ! Comment faire face à la mort d’un être cher ? Au manque d’amour ? À l’injustice et à la culpabilité ? Faut-il renoncer à son propre bonheur pour se construire un avenir dans une société trop cruelle ? La route sera longue, torturée et tumultueuse, mais au bout du chemin demeure un espoir : celui du pardon… et surtout d’une vie meilleure.

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Double Je est une série de cinq mangas, signés Reiko Momochi, à qui l’on doit aussi le poignant Daisy, Lycéennes à Fukushima.

L’auteur change totalement de registre pour cette série.
Double Je, c’est l’histoire de soeurs jumelles, Nobara et Kotori, à qui la vie n’a rien épargné. Alors qu’elles sont en vacances avec leurs parents, Nobara, forte tête qui n’écoute jamais rien, tombe à l’eau alors qu’on lui a dit de ne pas y aller. Elle est sauvée in-extrémis par son père, mais celui-ci est emporté par le courant. Personne ne peut rien faire, et il disparait sous les yeux effarés des touristes présents et de sa famille.
Après ce drame, la mère de Nobara ne veut plus voir la jeune fille, qu’elle accuse d’être la  meurtrière de son mari. Les jumelles commencent alors à échanger leur place, afin que Nobara puisse continuer de voir sa mère, sans que celle-ci ne s’en rende compte. Sauf que voilà, un jour, Nobara reste un peu plus longtemps pour profiter d’un bon moment en famille. Au moment de retrouver sa soeur Kotori, personne.  Un drame affreux va encore frapper cette famille…

Reiko Momochi est très forte ! Ses mangas sont poignants, remplis d’émotions, et bien souvent, j’ai eu les larmes au yeux.

Nobara est un personnage très fort, comme on en voit peu dans les shôjôs classiques. Après la mort de sa soeur Kotori, elle va tout faire pour cacher sa véritable identité. Car tout le monde croit que c’est Nobara qui a été assassinée. Elle le fait pour que sa famille ne souffre pas plus : sa grand-mère est désespérée, et sa mère est au trente-sixième dessous. Mais Nobara, elle, endure cette souffrance. Porter ce mensonge sur ses épaules est très lourd, parfois trop.
En plus, elle veut venger la mort de sa jumelle, ce qui est compréhensible. Mais cela ne se fait pas facilement. L’enquête est longue, difficile. Pourtant, la jeune fille va s’accrocher. Sa culpabilité est puissante, et son envie de vengeance l’est encore plus.

Cette série se déroule sur trois ans. Le temps de l’enquête, le temps du deuil, le temps de la culpabilité, le temps de l’oubli, le temps de la rédemption.

Sans en avoir l’air, l’auteur critique la société japonaise en général. Et cela commence avec le système judiciaire japonais. Comment un type qui a commis un meurtre peut-il être jugé non-coupable au motif qu’il a pris de la drogue ? Comment ne peut-il pas être re-jugé alors qu’il y a des pièces évidentes qui prouvent sa culpabilité, ses mensonges, à la cour ? Comment des lois aberrantes peuvent-elles laisser des gens coupables ne pas être re-jugés sur la même affaire, et obligent (pour cette histoire en tout cas) les familles des victimes à se faire vengeance elles-même ? 
Reiko Momochi nous parle aussi de la sur-médiatisation : comment les journalistes/médias nationaux sont intrusifs, sans coeur par moment, prêts à tout pour une image inédite, une parole des familles des victimes. Et puis, petit à petit, ils s’en vont, laissant la famille seule. Les gens se passionnent pour l’enquête, puis oublient, passent à autre chose. Sauf que la famille, elle, continue de souffrir, abandonnée de tous.

Double Je reste un shôjô quand même, donc certaines choses sont traitées comme un shôjô. Comme par exemple le jugement final, et la toute fin qui redonne espoir.
La seule petite chose qui m’a fait tiquer, c’est que l’on n’a aucune nouvelle de Himé, une des meilleures amies de Nobara, à la fin du manga. Qu’est-elle devenue ? Comment a-t’elle vécu le drame auquel elle a fait face ? Autant de questions qui resteront sans réponse, ce qui est franchement dommage, car c’est un personnage secondaire plutôt important.

Ce n’est donc pas un gentil petit shôjô innocent que nous conte là Reiko Momochi. C’est une histoire puissante, émouvante, remplie de tension. La fin est poignante, même si elle reste classique… et franchement, j’ai hâte de lire d’autres histoires de cette auteur qui ne fait décidément rien comme les autres 🙂

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1 thought on “Double Je”

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